Hausse de la CSG sur les cessions de droits sociaux en 2017 : remise en cause de la mesure ?

Fin 2017, le parlement votait la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, prévoyant notamment la majoration du taux de la CSG de 1.7%, et donc la hausse du taux des prélèvements à 17.2% au lieu de 15.5%.

La règle : l’application de ce nouveau taux aux revenus du patrimoine à raison des rôles (mise en recouvrement de l’impôt) émis à compter du 1er janvier 2018,

Une conséquence : une application rétroactive du nouveau taux de prélèvements sociaux aux plus-values de valeurs mobilières réalisées au cours de l’année 2017.

CARACTERE RETROACTIF DE LA HAUSSE DE LA CSG… EXCEPTION FAITE DES PLUS-VALUES DE CESSION DE VALEURS MOBILIERES ?

Jusqu’à présent, le caractère « rétroactif » des hausses de CSG déjà intervenues par le passé n’a pas été contesté dans la mesure où, s’agissant de taxer un revenu qui s’intègre dans une base annuelle, la jurisprudence considère que la date du fait générateur de l’impôt se situe seulement au dernier jour de l’année civile de réalisation du revenu. Aussi est-il admis que des lois publiées à la toute fin de l’année puissent modifier la fiscalité applicable aux revenus réalisés au cours de la même année, sans qu’il s’agisse d’une véritable rétroactivité.

Cependant, il est apparu récemment, à la faveur de plusieurs décisions du Conseil d’Etat, que les plus-values font exception à cette règle dans la mesure où, les concernant, la date du fait générateur de l’impôt est exclusivement la date de la cession.

Dès lors, s’agissant des plus-values mobilières réalisées en 2017, la loi qui prévoit la hausse de la CSG apparaît rétroactive.

UNE ISSUE EN LA FAVEUR DU CONTRIBUABLE ?

Conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, la rétroactivité en matière fiscale n’est admise que si elle est justifiée par un motif d’intérêt général.

Or, le Conseil constitutionnel considère constamment qu’un motif purement budgétaire ne constitue pas un motif recevable. Pour cette raison, la hausse de 1,7 % de la CSG subie par les plus-values réalisées en 2017 est contestable.

 

QUE FAIRE LORSQU’ON EST CONCERNE ?

Plusieurs stratégies s’offrent aux contribuables, notre ingénierie patrimoniale est à votre disposition pour échanger avec vous et vos conseils sur ce sujet.


Regards croisés sur le niveau actuel des marchés et points d’attention.

« Le point de vue de DORVAL AM »

François Xavier Chauchat – Economiste et Membre du Comité d’Investissement

Avec des ratios cours/bénéfices autour de 18 au niveau mondial, et d’environ 16 en zone euro, soit 2 à 3 points au-dessus de la moyenne des dix dernières années, la valorisation des actions est historiquement élevée.  Cette valorisation est justifiée par une combinaison extraordinairement favorable entre croissance, inflation, et taux d’intérêt, et ce presque partout dans le monde. Les investisseurs sont par ailleurs encouragés par le boom des profits dans l’univers des technologies de l’information et de la numérisation, signe d’une révolution qui favorise l’ancrage d’une croissance non-inflationniste.

Deux questions se posent cependant aux gérants de portefeuille.

L’inflation, d’abord. L’accélération de la croissance mondiale produit déjà des pressions à la hausse sur les prix des matières premières. De plus, certains pays-clefs, comme les Etats-Unis, sont déjà très avancés dans le cycle, avec un taux de chômage qui pourrait baisser bientôt sous les 4%. Les signes éventuels de surchauffe ou de pression sur les prix et les salaires – pour l’instant absents – seront donc très surveillés par les marchés en 2018.

Deuxièmement, l’asymétrie. L’optimisme de plus en plus palpable des investisseurs crée parfois des situations d’asymétrie négative, c’est-à-dire de plus grande vulnérabilité des marchés face à de petites déceptions, et inversement d’absence de réaction positive face à des bonnes nouvelles déjà intégrées dans les prix.


« Le point de vue de SEEYOND » Filiale de Natixis AM

Nicolas Just – Directeur Investissement Smart Beta

Risque ou opportunité sur les marchés actions ?

Au 30 Octobre 2017, l’indice CAC 40 (Dividendes Nets Réinvestis) était en hausse de 15.5% sur l’année. Mieux, l’indice Standard & Poor’s américain progressait lui de +16.3%.

Après une forte phase de hausse des principales bourses internationales depuis le début de l’année, et quelques inquiétudes qui apparaissent en cette fin de période de publications des résultats du troisième trimestre, il est légitime de se poser la question.

En termes de valorisations d’abord, on peut observer que le marché des actions européennes, valorisé à environ 15 fois les bénéfices 2018, et proposant un rendement des dividendes d’environ 3.5% n’est aujourd’hui ni cher ni bon marché. A 18 fois les bénéfices 2018 et 2% de rendement des dividendes, le marché américain est lui cher. Il est vrai que la contribution des valeurs technologiques à la croissance des indices boursiers outre-Atlantique cette année peut légitimement faire peur.

Sur le plan de la croissance des résultats ensuite, on attend pour le marché européen une hausse de +9% des bénéfices en 2018, qui devrait alimenter les opportunités de hausse des actions.

Enfin, en termes de risques, les investisseurs devraient se concentrer dans les prochains mois sur trois éléments :

  • la capacité du président américain Donald Trump à faire adopter pleinement son plan de réduction d’impôts,
  • le degré d’habileté des banques centrales des USA (FED) et de l’Euro-zone (BCE) à communiquer progressivement sur le rythme de sortie de leurs politiques d’expansion monétaire menées depuis la crise de 2008/09 sans effrayer les investisseurs, et provoquer un krach obligataire,
  • le retour sur le devant de la scène des risques géopolitiques capables d’émerger ou de ré-émerger sur tous les continents du globe.

A l’aune d’un scénario aussi équilibré pour les actions européennes, il convient également de rappeler qu’après une telle période de hausse depuis 5 ans, et compte tenu de la volatilité à un plus bas niveau sur les marchés depuis plus de 10 ans, toute mauvaise surprise devrait être sanctionnée de plus en plus durement.

Plus que jamais, il convient de chercher la performance là où elle peut être, c’est-à-dire dans les actions, mais grâce à des portefeuilles qui contrôlent, voire qui limitent les risques de baisses courtes, rapides, et intenses.


« Le point de vue d’ICS » Filiale de Natixis AM

Nuno Teixeira – Directeur Gestion Institutionnelle et Réseaux

Que penser de l’environnement macro-économique actuel ?

La croissance mondiale demeure forte (4%), synchronisée (pays émergents comme développés) et non-inflationniste, en l’absence notamment de tensions salariales. Cet environnement a permis aux banques centrales de maintenir très longtemps des conditions monétaires très souples, au prix du gonflement du prix des actifs et de l’endettement.

Cette « bienveillance » monétaire devrait s’estomper en 2018 suite aux resserrements programmés aux Etats-Unis, en zone euro et au Royaume-Uni. Pour l’heure, la croissance semble suffisamment robuste pour absorber ces resserrements monétaires, d’autant qu’elle repose en grande partie sur la demande interne et que le cycle d’investissement des entreprises ne fait que commencer. Enfin, le risque politique demeure sous contrôle tant dans la péninsule coréenne qu’aux Etats-Unis et en zone euro (y compris en Espagne et en Italie).

Les niveaux des indices boursiers ne sont-ils pas excessifs ?

Les marchés ont plébiscité* les actifs risqués encouragés par la croissance des résultats des entreprises (+16% au Japon, +10% en zone euro, +6% aux Etats-Unis) et les faibles niveaux de volatilité : les valorisations des actions sont désormais tendues, même si c’est davantage le cas aux Etats-Unis (18 fois les résultats à Wall Street) que dans le reste du monde (15 fois en zone euro).

Les bons chiffres macro des pays développés ont primé sur des indicateurs avancés plus décevants des émergents, les marchés ayant surtout applaudi récemment les déclarations de politique monétaire.

Cependant, ils font peu de cas du faible niveau des taux longs, pourtant principal soutien des niveaux de valorisations actuels.

Pour le moment, la sagesse des salaires protège encore les marges et la croissance des profits des entreprises américaines, mais pour combien de temps ?

Le marché devra affronter en 2018 la contradiction fondamentale entre des valorisations actions record et des taux longs réels à peine positifs. Nous maintenons pour le moment une position constructive et surpondérée sur les actions mais demeurons vigilants envers toute forme de complaisance.

* l’indice MSCI World AC affiche une hausse de +8,6% en euros et de +20,6% en dollars au 10/11/17.  


« Le point de vue de VEGA IM »

Jean-Jacques Friedman – Directeur des Investissements

Les 5 points fondamentaux de l’amélioration des marchés sont présents depuis de nombreux mois :

  • La reprise de la croissance économique mondiale de manière synchrone pour l’ensemble des zones géographiques,
  • les conditions monétaires qui resteront encore accommodantes au niveau mondial malgré l’inflexion en cours de la trajectoire de la Fed plus que compensée par les politiques de la BCE et de la Banque du Japon,
  • la croissance des profits des entreprises qui profitent à plein de l’amélioration économique du fait de la rigueur de leur gestion au cours des années précédentes, des flux de nouveau favorables aux marchés actions sur certaines zones géographiques comme l’Europe ou certaines zones émergentes,
  • les flux de nouveau favorables aux marchés actions sur la zone euro et certaines zones émergentes,
  • le volume élevé des options de fusions/acquisitions.

Les risques sont également présents depuis le début d’année et connus des investisseurs. Les deux risques les plus fréquemment évoqués sont les valorisations notamment sur les actions américaines et la durée de ce cycle d’un marché haussier sur les actions internationales.

Trois points d’inquiétude complémentaires sont également à indiquer :

  • stratégies convergentes de beaucoup de gestion alternatives écrasant la volatilité à des niveaux records de faiblesse,
  • la question de la remontée de l’inflation qui semble définitivement absente des considérations des investisseurs,
  • la perception de plus en plus manifeste de dirigeants d’entreprises profitant des niveaux de valorisation de leur société pour céder leurs titres témoignant d’une vision industrielle différente de la vision financière.

L’évolution du marché américain, par rapport à la perception du niveau de valorisation sera déterminante.

Dans nos gestions, alors que nous sommes surpondérés depuis le Brexit, notre objectif annoncé depuis plusieurs semaines est de revenir très prochainement à la neutralité dans nos allocations d’actifs, anticipant une consolidation des marchés.


« Le point de vue de DNCA Finance »

Igor de Maack – Gérant et Porte-parole de la gestion

Avec des marchés au plus haut historique pratiquement sur toutes les zones économiques (notamment au Japon où le Nikkei a atteint son plus haut depuis vingt-six ans), il n’est pas anormal d’observer une phase de respiration en cette fin d’année. Il est vrai que certaines publications trimestrielles ont déçu (les banques notamment et les entreprises mondiales exposées à la volatilité des taux de change ou à la remontée des prix des matières qui rognent leur marge opérationnelle).

Il n’est pas rare d’avoir des pics de volatilité et des corrections passagères même dans des moments d’euphorie macro-économique soutenue par les reprises (européennes notamment) et par l’avènement du « cyberalisme », ce nouveau modèle économique qui combine libéralisme, digitalisation et robotisation. Sans tomber dans les excès des années 2000 car les « cyber-valeurs » produisent des profits, personne ne sait vraiment dire aujourd’hui où la digitalisation et la robotisation vont amener l’humanité.

Ce qui est sûr néanmoins c’est que ces deux thèmes seront encore porteurs de croissance en 2018. La détente de certains multiples de valorisation, un peu trop généreux, n’est pas forcément une mauvaise chose pour redonner des bons points d’entrée. Certains secteurs (télécoms, banques, pétrole, média) demeurent à des prix raisonnables surtout dans une perspective de croissance des résultats sur la période 2018-2019.

Certains secteurs, comme la technologie, affichent des surperformances boursières déjà « stellaires » sur fonds de résultats opérationnels solides. Ainsi, aux Etats-Unis, les « FAANG » (Facebook, Apple, Amazon, Netflix et Google) affichent une performance moyenne pondérée de plus de 45% contre 25% pour le NASDAQ et 15% pour le S&P 500.

La situation monétaire paraît pourtant bien balisée avec des banques centrales attentives dans leur action et dans leur communication. En effet, la nomination de Jerome Powell et le discours de Mario Draghi installent une forme de continuité sur 2018.


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Document édité par la Direction Services au développement commercial de NGAM Distribution France, Genève & Monaco. Achevé de rédiger le 13 11 2017.


Crowdfunding : investir utile

 « Quelle est la place du crowdfunding dans une stratégie de gestion de patrimoine ? » : tel était le thème de la soirée organisée le 5 octobre dernier par Happy Capital et la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes. L’occasion pour la banque coopérative régionale de démontrer qu’elle conjugue modes de financement classiques et offres d’investissement innovantes.

 

Mises en relation à forte valeur ajoutée

Ils étaient près de quatre-vingts, ce jeudi 5 octobre, à assister à la soirée thématique sur le crowdfunding organisée à Atlantica, le nouveau siège social de la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes. Chefs d’entreprises, professionnels et particuliers sont venus échanger sur ces nouvelles opportunités d’investissements dans le cadre notamment d’une stratégie patrimoniale. Une rencontre studieuse et conviviale placée sous le signe du financement participatif, qui a permis d’échanger sur les avantages du crowdfunding, au travers de témoignages et de retour d’expériences.

 

Financement par la foule

Crowdfunding ? Entendez par là « financement par la foule » ou « financement participatif », soit un mécanisme qui permet de soutenir un projet grâce à l’apport financier d’un grand nombre de personnes. En 2016, ce nouveau genre de financement a connu une belle progression en France, avec une croissance des montants collectés de +40 %, passant de 166,8 millions en 2015 à 233,8 millions d’euros* ; un marché qui gagne en maturité selon les spécialistes.

* source : baromètre 2016 du crowdfunding, réalisé en février 2017 par KPMG pour l’association Financement participatif France (FPF),

 

Au cœur du financement participatif des PME

Dans le cadre de son dispositif Neobusiness, visant à accompagner les entreprises innovantes dans leur développement, la Caisse d’Épargne propose aux porteurs de projets de lever des fonds en financement participatif avec Happy Capital. Au-delà de ce partenariat et en se plaçant cette fois du côté de leurs clients investisseurs, la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes et Happy Capital ont co-élaboré cette soirée thématique sous l’angle de la gestion de patrimoine.

L’objectif de cette rencontre était triple : mieux comprendre les rouages du crowdfunding, valoriser les porteurs de projets et informer les investisseurs potentiels. « Le crowdfunding est une offre complémentaire – et non alternative – à l’offre bancaire classique, a insisté Pierre Décamps, membre du Directoire de la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes en charge des Finances. C’est un véhicule d’investissement, qui permet de choisir un projet selon son secteur d’activité, sa localité, mais aussi d’être associé à sa gouvernance et de bénéficier d’avantages fiscaux. Et, pour le porteur de projet, c’est l’assurance de bénéficier d’une diversification de financement et d’une meilleure visibilité. »

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De belles histoires de crowdfunding…

Première plateforme de financement collectif des PME, Happy Capital accompagne les néo-entrepreneurs dans leur développement, quel que soit le secteur d’activité ou le stade de vie de l’entreprise : création, développement ou reprise… « Nous recevons chaque année des centaines de projets, explique Philippe Gaboriau, P-dg d’Happy Capital. Avant de les soumettre aux investisseurs potentiels, nous réalisons plusieurs audits pour mieux comprendre le business model de l’entreprise, son marché, son secteur d’activité… Notre philosophie ? Sélectionner des projets utiles, porteurs de sens, ayant un impact positif sur le quotidien. » C’est le cas notamment du journal d’investigation locale Mediacités, actuellement en pré-collecte. Déjà présent à Lille, Lyon, Toulouse et Nantes, cet hebdomadaire 100% en ligne souhaite s’implanter dans de nouvelles villes. « Nous avons fait appel à Happy Capital pour accélérer notre développement en province, explique Jacques Trentesaux, membre fondateur et ancien journaliste à l’Express. Nous avons un objectif de 25 000 abonnés sur 10 villes françaises – dont Bordeaux – à l’horizon 2021. »

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Des investissements porteurs de sens

Côté investisseur, Claude Hazard, créateur de Finaqui Business Angel en 2007, a partagé son expérience, en tant que financeur privé : « Pendant longtemps, la création d’entreprise a rencontré une vraie problématique de financement car l’entrepreneur devait s’endetter pour lancer son projet. Aujourd’hui, avec l’apparition des Business Angels et du crowdfunding, nous sommes dans un financement vertueux par l’apport de capital. La création d’entreprise n’étant pas sans risque, il faut savoir investir raisonnablement, sans trop entamer son patrimoine. En tant qu’investisseur, j’aime partager l’expérience que j’ai acquise depuis plus de 30 ans chez EY (Ernst & Young). J’aime aussi soutenir des projets engagés… et vivre l’enthousiasme des jeunes créateurs ! »

Enfin, dans cette soirée riche en expertise, Florence Anquetil, directrice de la Banque Privée de la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes a complété cette vision 360° du crowdfunding, avec son éclairage sur les stratégies de diversification du patrimoine.

« Malgré la nécessité de diversifier ses actifs dans le cadre de la gestion de son patrimoine, la perception d’un risque accru non maîtrisé par les investisseurs particuliers sur les actifs financiers côtés, les incite aujourd’hui à rechercher des investissements au sein de PME non cotées permettant de diversifier leur allocation. Ce type d’investissement permet de donner du sens au patrimoine qu’ils ont constitué en s’informant sur le projet entrepreneurial dont ils sont partie-prenante et d’augmenter le rendement global de leur patrimoine ».

 

logo-happy-capitalCréé en 2013, Happy Capital est une plateforme de financement participatif qui met en relation des entrepreneurs de PME/PMI/ETI avec plus de 15 000 investisseurs potentiels.
Premier site d’Equity Crowdfunding pour les entreprises, Happy Capital est aussi une plateforme engagée : elle participe aux projets sélectionnés en investissant jusqu’à 50 % de sa rémunération en actions. L’équipe est basée à Bordeaux, Place de la Bourse, haut lieu du développement de l’économie régionale www.happy-capital.com

Spécial élections françaises

Contrairement au dimanche 23 avril, il n’y avait pas beaucoup de suspense pour ce second tour de l’élection présidentielle et le marché avait déjà largement anticipé la victoire d’Emmanuel Macron. Cependant, cette campagne électorale s’est révélée particulière tant elle a suscité l’attrait non seulement des politiques mais également des investisseurs du monde entier qui, pendant plusieurs semaines, ont eu les yeux rivés sur la France ; les réactions politiques ont donc été nombreuses cette nuit et ce matin.

Les marchés européens cependant, qui ont gagné plus de 10 % depuis le début d’année, ouvrent quasiment à l’équilibre, et même l’écart de taux d’intérêt entre la France et l’Allemagne (qui s’était fortement contracté voici quinze jours, à la suite de l’absence de deux candidats anti-européens), n’évolue plus. Le risque politique, omniprésent durant toute l’année 2016, a ainsi été levé, et les marchés se focaliseront dorénavant davantage sur les résultats économiques des entreprises.
La question posée début 2017 était que l’élément politique pourrait peut-être, au contraire des années précédentes, être perçu comme une opportunité en Europe, notamment au travers du cas français où l’incapacité à réformer est un thème récurrent des investisseurs internationaux. Pour ce faire, et si cette opportunité devait se cristalliser, les premières semaines de l’entrée en fonction d’Emmanuel Macron seront capitales. Non seulement il ne disposera pas d’un état de grâce, mais ses premières décisions, avant même les élections législatives, seront guettées (nomination du Premier ministre et du gouvernement provisoire, et désignation des 577 candidats d’En Marche).

La situation du nouveau Président est en effet paradoxale : la « dynamique Macron », davantage qu’un socle réel d’électeurs, pourrait engendrer le cercle vertueux souhaité par les investisseurs internationaux. En effet, selon les sondages réalisés au sortir des urnes, 43 % de ses électeurs mettent en avant l’homme politique qu’il est devenu si rapidement, mais seuls 16 % des votants approuvent réellement ses propositions, et 33 % des personnes interrogées ont mis en avant le renouvellement d’une classe politique plus jeune, en dehors des clivages traditionnels. La frange restante des électeurs souhaitait simplement éviter la victoire du Front National. Ainsi, pour les élections législatives, malgré la dynamique que peut engendrer sa victoire, beaucoup de simulations indiquent une absence de majorité absolue pour le parti En Marche, avec sans doute une présence très forte des Républicains au second tour. A noter que des résultats assez faibles sont attendus pour les partis extrêmes.

La politique d’Emmanuel Macron durant les cent premiers jours se situera donc sur cette ligne de crête : avancer rapidement sur les réformes du marché du travail, sans doute par ordonnance dès cet été afin d’éviter les fortes manifestations sociales qui sont attendues, en donnant en parallèle des gages comme « contrepoids social » au travers d’une réforme de l’assurance chômage et de mesures, comme par exemple la réduction du nombre d’enfants par classe dans certaines zones d’éducation prioritaire, et la moralisation de la vie publique.
Ainsi, les investisseurs ont perçu favorablement le modèle social libéral européen du candidat Macron mais les mesures de son programme ne pourront se déployer immédiatement, comme nous venons de le voir. La baisse des impôts des entreprises avec des réductions de charge, favorable à des secteurs comme la santé ou la distribution, et un taux d’imposition de 25 % à l’horizon de 2022 resteront néanmoins dans l’œil de mire des marchés, si le nouveau Président réussit ses cent premiers jours.

 

Quelles conséquences sur les marchés financiers ?

Les marchés se focaliseront dorénavant sur les bénéfices par action des entreprises et sur le retour des flux de capitaux internationaux vers les marchés européens. Rappelons que les investisseurs étrangers, et notamment anglo-saxons, avaient, durant les mois précédant l’élection, une lecture très différente du risque politique français de celle des gestions domestiques. Désormais, la position européenne devrait apparaître plus forte, avec un front uni face à la Grande-Bretagne, et notamment face à la Première Ministre, Theresa May. Celle-ci devait adopter elle-même une ligne plus dure grâce au soutien parlementaire (les élections législatives auront lieu à la surprise générale le 8 juin). Le couple franco-allemand est perçu également comme renforcé et diverses initiatives de la Commission européenne tentent d’améliorer en parallèle la perception du cadre européen.
De plus, Emmanuel Macron, au contraire de la situation trouvée par son prédécesseur en 2012, devrait bénéficier d’une dynamique macroéconomique plutôt positive. Tout d’abord, et cela a été notable au cours de la campagne électorale, la question de l’assainissement budgétaire (du fait sans doute de la forte baisse des taux depuis 5 ans) ne revêt plus le même degré d’urgence qu’au début de la précédente mandature. Ensuite, l’output gap, c’est-à-dire le retard accumulé entre la production réelle française et son potentiel, est estimé entre 3 % et 4 %. Cela signifie qu’en dehors même du programme que souhaite mettre en œuvre le nouveau Président, et qui pourrait accroître la croissance française (baisse des charges sociales, réforme et unification de l’assurance chômage directement gérée par l’État, réforme du code du travail plus profonde que la loi El Khomri, baisse du taux d’imposition sur les sociétés à 25 %…), un organisme comme l’OCDE estime que le rattrapage d’une partie de cet output gap permet d’anticiper une croissance de l’ordre de 1,7 % par an. Or, nous constatons qu’avec un tel niveau de croissance, les résultats des sociétés européennes ressortent nettement en hausse et sont attendus avec une progression de 12 % à 15 % pour 2017.
La hausse depuis le début d’année n’a donc pas entamé le potentiel d’amélioration sur les prochaines années en France et en Europe, qui pourra se développer si le cycle de croissance américain (débuté il y a huit ans) ne s’achève pas et si les déséquilibres chinois liés à l’endettement sont bien gérés. Les investisseurs considèrent à horizon de quelques trimestres qu’il est trop tôt pour que ces deux risques se matérialisent.
Dans ce cadre, une correction technique sur les marchés européens, après la forte progression de ces quinze derniers jours, constituerait de nouveau un point d’entrée.

Jean-Jacques Friedman, directeur des Investissements
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Spécial élections américaines

L’exemple de la surprise du Brexit, mise aujourd’hui en parallèle avec les élections américaines, démontre qu’après le choc initial, d’autres éléments inattendus surviennent, et non des moindres, à commencer par une réalité économique très différente des projections initiales. Toutefois, le poids économique et diplomatique des États-Unis n’est pas comparable avec celui du Royaume-Uni, et nous ne pouvons pas conclure bien sûr, comme lors du Brexit, que les conséquences économiques resteront minimes au niveau international.

#Pourtant, est-ce que les marchés n’auraient rien appris du Brexit ?

On pourrait le croire à entendre les commentaires ce matin, mais notre analyse est différente. Le questionnement auprès des gérants d’actifs américains, publié cette semaine sur notre site (Lire « Élections aux États-Unis : les gérants américains se concentrent sur les fondamentaux »démontre que les gérants avaient pris garde de ne pas prendre position sur le résultat de ces élections et avaient opéré une faible rotation sectorielle. De même, les couvertures en matière d’option sur le marché américain étaient restées sur de faibles niveaux – inférieurs à un ratio de 2 entre options de vente et d’achat sur le S&P500.
Lors du décrochage rapide et brutal post-Brexit, nous avions très rapidement acheté des valeurs de qualité européennes et pris position sur le marché actions japonais couvert contre le risque de change, car nous estimions que la réaction du marché était excessive et serait partiellement recorrigée.
A l’heure où nous écrivons, il nous paraît trop tôt pour renforcer nos positions, car les conséquences de cette élection seront multiples et hétérogènes.

#Quelles conséquences à ce coup de tonnerre ?

Sur les marchés financiers, celles d’une victoire « surprise » de Donald Trump avaient été clairement définies depuis plusieurs semaines. La première immédiate est la baisse des marchés actions, mais avec une amplitude initiale inférieure au Brexit du fait d’un mouvement sur le dollar moindre que sur la livre, d’un mouvement plus marqué à la vente sur les banques et les assurances, l’automobile, les médias et les avionneurs, et d’une meilleure résistance de la pharmacie, l’énergie, la construction, la consommation domestique et la défense. Les actifs défensifs, comme l’or et le yen, sont bien sûr à privilégier. La rotation en faveur du style « value » nous semble donc aujourd’hui subir un coup d’arrêt en faveur à nouveau des thématiques « croissance ».

Dans ce contexte, sur un horizon à 3-6 mois, nous pouvons anticiper une baisse du dollar et un arrêt de la surperformance des marchés émergents face au marché domestique. Y a-t-il un marché dont la réaction nous semble surprenante et devrait corriger très rapidement ? Selon nous, il s’agit sans conteste du marché des taux américains. Le déficit budgétaire devrait augmenter l’année prochaine, et donc les prévisions sur la croissance américaine pourraient être révisées à la hausse. Un ralentissement du commerce mondial, notamment en provenance de l’Asie émergente, devrait limiter les pressions déflationnistes de long terme. Cela signifie donc que la réaction de fuite vers les actifs obligataires américains nous semble devoir rapidement se retourner.

#La suite politique sera-t-elle le blocage ?

Cette campagne a été qualifiée de tous les attributs possibles, et tous avaient au moins en commun le souhait que cette « émission de téléréalité politique » prenne fin. Le principal point négatif de cette campagne aura été bien sûr le constat de la crise démocratique aux États-Unis. Aujourd’hui, deux Amériques se font face, rejouant le scénario bien connu d’une polarisation radicale entre deux parties de la population qui ne se réconcilient pas.
Les programmes des deux candidats s’opposaient bien sûr fortement au niveau de la fiscalité, de la politique industrielle et énergétique, et en matières d’affaires internationales. Toutefois, plusieurs points du programme Clinton, imposés par l’ex-candidat à l’investiture démocrate Bernie Sanders, (comme la forte hausse du salaire minimum qui aurait pénalisé les secteurs à fort emploi de main d’oeuvre à faible coût) n’étaient pas plus appréciés par les investisseurs. Loin des débats politiciens, beaucoup d’acteurs attendaient en fait la victoire d’Hillary Clinton afin de prendre quelques bénéfices sur les marchés, alors que le seul évènement dans leur ligne de mire était la remontée des taux d’intérêt par la Fed en décembre, échéance que pourrait aujourd’hui éclipser « l’actualité Trump ». Le discrédit sur ces deux candidats était tel que l’option privilégiée par les marchés était finalement la reconduction d’une situation de blocage politique. Malgré le fait que la Chambre des Représentants et le Sénat soient républicains, beaucoup des représentants du « Grand OId Party » se sont désolidarisés de Donald Trump et donc représenteront une sorte d’opposition interne à la politique que souhaite mener le nouveau Président. La remarque habituelle d’une pratique politique effective qui diffèrera des promesses électorales devrait être encore accentuée en l’espèce par un blocage politique qui risque de durer durant toute la mandature.

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