Retour sur le T3 2019

Retour sur le T3 2019

L’escalade des tensions commerciales sino-américaines observée début août est venue casser la tendance haussière qui prévalait sur les marchés boursiers depuis fin mai. En parallèle, la croissance a continué de montrer des signes de décélération, toutefois plus marqués en zone Euro et dans les pays émergents qu’aux Etats-Unis. Dans ce contexte, les investisseurs sont restés particulièrement attentifs aux messages et décisions des principales banques centrales, de part et d’autre de l’Atlantique.

 

Des politiques monétaires toujours plus accommodantes

Préoccupées par la baisse des anticipations d’inflation et la montée des risques qui pèsent sur leur économie, elles ont définitivement adopté une posture plus accommodante. La Fed a abaissé ses taux pour la première fois depuis la crise financière de 2008, et ce à deux reprises au cours du trimestre. L’assouplissement monétaire s’est poursuivi au 4ème trimestre, avec une nouvelle baisse des fed funds, finalement ramenés dans une fourchette de 1,50% – 1,75%, et le lancement d’un programme de rachat d’actifs ciblant les bons du trésor à courte échéance (T-Bills) pour un montant de 60Mds $ par mois jusqu’au 2ème trimestre 2020.

Pour sa part, la BCE a initié plusieurs mesures de soutien, à savoir une baisse du taux de rémunération des dépôts, une relance du programme de rachat d’actifs à hauteur de 20 milliards € par mois et le lancement d’une troisième série de prêts à long terme à taux très avantageux aux banques.

Les deux institutions, déterminées à poursuivre leur politique d’assouplissement monétaire aussi longtemps que nécessaire, sont ainsi parvenues à rassurer les investisseurs. Les principaux indices boursiers, toutefois soumis à une plus grande volatilité, ont clôturé le troisième trimestre en territoire positif (+2,76% pour l’Euro Stoxx 50 ; +2,51% pour l’indice CAC 40 ; +1,19% pour le S&P 500) avant de poursuivre sur leur lancée en octobre.

Sur les marchés obligataires, les taux souverains ont chuté à des niveaux records en août (à-0,71% pour le 10 ans allemand et 1,45% pour son équivalent américain) envoyant ainsi des signaux très négatifs sur la conjoncture. Ils terminent néanmoins le trimestre en légère hausse (respectivement à -0,57% et 1,66%). Enfin, l’euro contre dollar a atteint un plus bas à 1,0899, fragilisé par la confusion autour du Brexit et les dernières enquêtes PMI montrant une nette contraction de l’activité en zone Euro en septembre.

 

L’économie réelle au cœur de nos analyses

Les mesures de soutien des banques centrales semblent désormais atteindre leur limite et des voix dissonantes au sein de la Fed – et plus encore, au sein de la Banque centrale européenne – ont commencé à contester l’efficacité réelle des politiques de taux bas. Dès lors, l’économie réelle risque d’avoir une plus grande influence sur l’évolution des marchés au cours des mois à venir. Dans les grandes lignes, la croissance potentielle apparaît globalement affaiblie – autour de 3 % – à cause d’une productivité contenue – autour de 1,5 % par an – qui ne s’est jamais redressée depuis la crise de 2008. De surcroît, la démographie est adverse.

 

Des indicateurs économiques qui résistent

Pour autant, nous avons souligné depuis plusieurs mois la divergence entre les indicateurs avancés PMI dans l’industrie et les services. La guerre commerciale initiée par Donald Trump provoque bien sûr des inquiétudes sur les chaînes de production et un attentisme des entrepreneurs. Le climat industriel a été aggravé par des ruptures technologiques qui ont particulièrement touché le secteur automobile. Mais le ralentissement industriel est en réalité antérieur au conflit commercial sino-américain, en raison notamment de la transition économique – de l’industrie vers les services – dans plusieurs pays émergents, notamment en Chine. Au niveau mondial toutefois, le PMI industriel tend à se stabiliser – après seize mois de baisse consécutive – alors que le PMI des services marque quelques signes d’essoufflement. Au total, la majeure partie des données ne pointe pas vers une récession imminente.

 

Accalmie sur les tensions commerciales

Les accords bilatéraux conclus entre les Etats-Unis et le Canada, le Mexique et le Japon soulignent la volonté du Président américain de se concentrer sur la Chine et relativisent ses déclarations tonitruantes, parfois éloignées des faits… Un accord semble de plus en plus utile aux deux parties : la Chine, parce qu’elle ne peut pas multiplier les plans de relance géants ni dévaluer sa monnaie (pour éviter les fuites des capitaux), et les États-Unis parce que le bras de fer avec les démocrates se durcit et que l’échéance électorale approche. Un premier pas vers un accord semble avoir été franchi avec le report de la hausse des tarifs douaniers qui devait affecter 250 milliards de dollars de biens importés de Chine à compter du 15 octobre.

 

Une rotation en faveur de valeurs plus cycliques

Alors que nous écartons l’hypothèse d’une récession mondiale en 2020 et que les marchés semblent correctement intégrer les fondamentaux des entreprises, nous n’avons cessé de faire évoluer notre allocation de référence au gré des opportunités. Notre stratégie consiste principalement à renforcer notre exposition actions à neutre ou surexposée lors des épisodes de consolidation et à revenir à sous-pondérée lorsque les bornes hautes sont testées. Ainsi, après être revenue neutre sur les actions fin mai, notre allocation de référence est demeurée stable jusqu’à mi-septembre, où elle est repassée sous-pondérée sur les actions. Toutefois, nous n’avons pas attendu un nouveau repli des indices pour retrouver une posture neutre sur les actions à fin octobre. En effet, si les progressions de bénéfice par actions des entreprises promettent d’être modestes – autour de 2% pour les Etats-Unis et l’Europe en 2019 -, nous percevons plusieurs catalyseurs en sommeil. Une légère augmentation des taux longs pourrait notamment entraîner une réallocation des portefeuilles au profit des actions, alors qu’il existe beaucoup de liquidités chez les investisseurs qui n’ont su profiter de la progression de cette année. De plus, alors que notre gestion a bénéficié depuis dix ans de notre positionnement sur les entreprises de croissance, qui ont la particularité d’être favorablement corrélées à la baisse des taux, notre anticipation d’une stabilisation de l’économie – et ses conséquences sur la partie longue de la courbe des taux – conduit à ce que, au-delà des arbitrages au sein de la fourchette actuelle, nous opérions une rotation en faveur de secteurs plus cycliques. En outre, après être largement sortis des valeurs moyennes depuis la fin de 2017, nous commençons à revenir sur ce segment du fait de faibles valorisations relatives historiques.

 

Achevé de rédigé le 06/11/2019

 

Le présent document a un caractère purement informatif. Il ne saurait constituer un conseil en investissement ni une quelconque recommandation personnalisée. Il a été réalisé sur la base de données financières et/ou conjoncturelles valables à un instant donné et émanant de sources extérieures à VEGA Investment Managers, dont elle ne saurait garantir la parfaite exactitude. La responsabilité de VEGA Investment Managers ne saurait être engagée à quelque titre que ce soit en raison des informations contenues dans le présent document. Il est rappelé qu’avant toute décision d’investissement/désinvestissement, il appartient à l’investisseur de s’assurer, auprès de ses conseils juridiques, fiscaux, financiers, comptables et tous autres professionnels compétents, que l’investissement/désinvestissement envisagé est conforme à ses besoins, au regard notamment de sa situation financière, juridique, fiscale ou comptable et de ses objectifs d’investissement. Préalablement à la souscription, nous vous invitons à prendre connaissance du document d’information clé pour l’investisseur (DICI) de ces fonds, remis par votre interlocuteur habituel.


Conjoncture économique et marchés financiers

Découvrez en vidéo le point sur la conjoncture économique et les marchés financiers à la fin du premier semestre 2019 – par Marc Riez Directeur de Vega Investment Managers

 


Trading news

Nous avions débuté l’année en surexposant nos portefeuilles aux marchés actions, en raison  notamment des faibles niveaux de valorisation alors en vigueur et en anticipation d’un éventuel accord commercial entre les États-Unis et la Chine, qui ne règlerait toutefois pas le problème de fonds opposant les deux superpuissances. Au terme du premier trimestre, alors que les marchés avaient déjà bien rebondi, nous avions alors décidé de sous pondérer les actions dans nos portefeuilles, réagissant à l’annulation par la Fed des deux hausses de taux jusqu’alors programmées. Si les marchés sont restés stables dans les semaines qui ont suivi, la guerre commerciale, relancée en mai à l’initiative de Donald Trump, a finalement interrompu la dynamique haussière alimentée par le revirement des politiques monétaires de la Fed et de la BCE.

 

 

Taux négatifs

Au terme d’une phase de baisse contenue, les valorisations des actions sont revenues en ligne avec le niveau de croissance anticipé, faisant ressortir un multiple de 17 fois les profits 2019 aux États-Unis et de 13 fois en Europe. En revanche, les marchés obligataires laissent transparaître une image plus sombre, l’évolution des taux traduisant un pessimisme exacerbé. En Europe, la majeure partie de la courbe a glissé en territoire négatif tandis qu’aux États-Unis, les investisseurs ont, en quelques mois, fait évoluer leurs anticipations de deux hausses du taux de refinancement à un échéancier incluant dorénavant deux baisses. Si l’inflation reste en deçà de 2%, la situation peut sembler paradoxale dans la mesure où les chiffres de croissance trimestrielle ressortent régulièrement proches de 3% en rythme annualisé.

 

Des indicateurs économiques qui divergent

Toutefois, certains indicateurs prédictifs de récession sont apparus outre-Atlantique, à l’instar de l’inversion de la courbe des taux ou encore l’érosion des pics de marges et de l’effet richesse liée à la correction boursière. Mais, à la différence des précédentes alertes, les signaux restent diffus, sans véritable catalyseur comme ce fut le cas, par exemple, avec la chute du prix du pétrole et la concentration du risque autour des émetteurs obligataires spécialisés dans les gaz de schiste. La lisibilité de l’environnement économique est brouillée par la divergence entre des indicateurs industriels qui se dégradent au point de traduire un état proche de la récession et des perspectives beaucoup mieux orientées sur les services, la construction et la consommation. Cette situation s’explique en partie par  la guerre commerciale mais également par la volonté de la Chine de calmer sa machine industrielle et de piloter le ralentissement structurel de son économie.

 

Un calendrier favorable à un accord commercial

Si les marchés ont été surpris par la volonté de Donald Trump de relancer les hostilités avec le gouvernement chinois, le timing des déclarations n’avait rien de surprenant. Le président américain a profité d’une popularité au plus haut et d’indicateurs économiques solides pour asseoir sa rhétorique protectionniste, qui reste une thématique électorale porteuse aux États-Unis. La remontée de ce risque géopolitique est désormais partiellement intégrée par les marchés. L’affrontement entre les États-Unis et la Chine est ainsi appelé à perdurer mais plusieurs éléments plaident pour un compromis favorable à Donald Trump et Xi Jinping. Il pourrait se dessiner au cours des prochaines semaines qui verront s’enchaîner plusieurs échéances importantes comme le sommet du G20 des 28 et 29 juin à Osaka et la célébration des 70 ans de la République Populaire de Chine le 1eroctobre, que les autorités ne souhaitent pas assombrir.

En résumé, comparativement à la même période de l’année passée, l’économie américaine ne semble pas manifester plus de signes d’essoufflement même si le cycle de croissance est devenu plus mature. Sur le plan microéconomique, les analystes ont déjà procédé à des révisions baissières à la suite du repli des marchés intervenu en fin d’année dernière, et les perspectives actuelles apparaissent crédibles. En outre, les fonds d’actions traditionnels conservent toujours d’importants volants de liquidités qui pourraient augurer d’un repositionnement à venir plus franc sur les marchés.

 

Vers une baisse des taux de la Fed ?

Les mois à venir seront notamment animés par la perspective d’une politique monétaire à nouveau plus accommodante alors que la principale nouvelle qui avait provoqué la hausse des marchés en début d’année était justement la « capitulation » des banques centrales, en particulier celle de la Fed, qui avait poussé les marchés à acter en fin de premier trimestre le statu quo monétaire pour les mois à venir.Si Jerome Powell, le patron de la Fed, n’a pas mentionné explicitement une baisse des taux directeurs à l’occasion de son discours sur les orientations de long terme de l’institution monétaire, tous les observateurs ont bien saisi le sens des prochaines mesures dans la mesure où il a mentionné des risques plus élevés au sujet de la croissance économique américaine tout en insistant sur le faible niveau actuel de l’inflation et sur le nouveau fléchissement des anticipations à moyen terme de cette même inflation. Alors que l’intervention de mars mettait en exergue la notion de pause, celle de début juin rejoint les propos tenus, entre autre, par le président de la Fed de Saint Louis, évoquant la probabilité d’une baisse dès juillet.

 

Allocation de portefeuille : retour à la neutralité

Après les déclarations de Donald Trump ayant provoqué la reprise de la guerre commerciale avec la Chine, nous avions anticipé que la consolidation à venir des marchés n’effacerait pas tous les gains générés par le mouvement haussier du début d’année dans la mesure où le principal catalyseur, qui était le changement d’orientation fondamentale des banques centrales comparativement à 2018, n’était pas remis en cause. Nous avons donc profité du creux de début juin pour faire passer l’allocation de nos portefeuilles de sous-pondérée à neutre, en reprenant du risque sur les marchés actions, plus particulièrement ceux de la zone euro et de la zone américaine.

 

Achevé de rédigé le 20/06/2019

 

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TRADING NEWS

Après un dernier trimestre de forte correction des marchés, le début de l’année 2019 est marqué par un vif rebond des actions.

 

Les trois principales sources d’inquiétude des opérateurs qui avaient alimenté ce mouvement de baisse ont connu une phase d’apaisement :

 

En premier lieu, les investisseurs s’inquiétaient du programme de remontée des taux et de réduction massive du bilan (50 milliards par mois) de la Réserve Fédérale Américaine.

À juste titre, car depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’économie rentre systématiquement en récession quelques mois après que le niveau de ses taux passe au-dessus de celui des taux à 10 ans.

Or, l’écart s’était réduit début décembre à 0,25% et les 2 hausses de taux annoncées pour 2019 l’auraient rendu négatif. Le changement de ton de Jérôme Powell le 5 janvier, revenant sur le caractère certain de ces mesures a marqué le début du fort rebond des marchés.

 

Deuxième élément, la guerre commerciale lancée par Donald TRUMP contre la Chine, susceptible de lui coûter jusqu’à 1,2% de croissance, semble pouvoir aboutir sur un accord, dans la mesure où les 2 protagonistes ont beaucoup à perdre : la Chine toujours dépendante de ses 500 milliards annuels d’exportations vers les USA, mais aussi la Maison Blanche, déjà désavouée dans ses projets de mur avec le Mexique et d’accord avec la Corée du Nord. Un échec de ces négociations serait politiquement peu glorieux pour le Président. Le marché remonte ainsi depuis mi-janvier au gré des annonces et rumeurs de relance des échanges internationaux et pourrait conserver cette orientation jusqu’au 27 mars, date attendue d’un accord entre les 2 premières puissances économiques mondiales.

 

Enfin, les résultats des entreprises au quatrième trimestre 2018, quoiqu’en repli de 1,6% par rapport au trimestre précédent, ont rassuré les gérants. Sur les 80% d’entreprises européennes qui avaient publié au 11 mars, 53% ont dépassé les attentes du consensus, en particulier dans beaucoup de secteurs sensibles comme les matières premières, la technologie, le luxe, ou la distribution. Le net ralentissement chinois n’aura finalement véritablement affecté que l’automobile.

 

Dès lors, en cette fin de trimestre, le marché s’intéresse au BREXIT, se réjouissant des difficultés à trouver un accord de retrait qui laissent espérer un maintien à terme du Royaume-Uni dans l’Europe.

 

Achevé de rédiger le 14 MARS 2019

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L’actualité de la Bourse et du Trading – Novembre 2018

Depuis plusieurs mois, les tensions autour des questions commerciales auront une nouvelle fois marqué l’actualité. Privilégiant une approche bilatérale dans ses discussions, nous avons vu Donald Trump s’adresser tour à tour à ses principaux partenaires, notamment vis-à-vis du Mexique et du Canada. En Europe, le cessez-le-feu commercial conclu en juillet entre Washington et Bruxelles reste fragile. Plus récemment, c’est au tour du Japon de s’engager à contre cœur dans des négociations sur un accord bilatéral de libre-échange. Mais, c’est avec la Chine que la situation demeure la plus conflictuelle. A ce jour, Donald Trump a relevé les droits de douane sur un total de 250 milliards de dollars d’importations chinoises. Et en dépit des intentions de négocier de part et d’autres, les discussions n’ont jusqu’ici rien donné. Le président américain envisagerait même une troisième salve de mesures prévoyant la taxation de 267 milliards de dollars d’importations supplémentaires. Des droits de douane seraient alors prélevés sur la totalité des importations chinoises.

Tout ce vacarme autour des questions commerciales masque cette année le fait que l’activité économique mondiale reste toujours robuste. Les dernières prévisions de l’OCDE font état d’une croissance mondiale qui atteindrait 3.7% en 2018 et 2019. Depuis quelques mois, des écarts se sont néanmoins créés entre les zones. La bonne surprise est venue des Etats Unis avec une progression du PIB de 4.2% au second trimestre grâce entre autres aux allègements d’impôts et à la hausse des dépenses mis en œuvre par l’administration Trump. Davantage exposée au commerce mondial, la zone Euro a vu sa croissance fléchir même si elle devrait atteindre près de 2% cette année. En revanche, le ralentissement est un peu plus marqué en Chine même si cela est en grande partie lié à sa mutation vers une économie de services.

Dans ce contexte, la normalisation des politiques monétaires se poursuit avec une graduation qui varie selon les dynamiques d’inflation et de croissance propres à chaque zone. Ainsi, la Réserve Fédérale américaine a fait un pas de plus vers la neutralité en relevant pour la troisième fois cette année son objectif des Fed Funds. Pour la BCE, Mario Draghi mise toujours sur un redressement de l’inflation sous-jacente d’ici quelques trimestres. Quant au gouverneur de la banque centrale du Japon, il évoque dorénavant les effets secondaires des programmes de Quantitative Easing.  Entre passage à l’acte et changement de ton, les discours des banquiers centraux convergent vers ce qui devrait aboutir à une réduction de la liquidité mondiale en lien avec une croissance plus forte mais dont nous avons eu cet été un aperçu des effets potentiellement déstabilisants sur les pays émergents les plus dépendants des financements extérieurs.

Au cours des prochains trimestres, les effets de la réforme fiscale américaine permettre au cycle de créations d’emplois aux Etats-Unis de se maintenir, grâce notamment à la vigueur de l’investissement des entreprises. De son côté, la Chine entend bien prendre des mesures pour stimuler son économie autrement qu’en procédant à une dévaluation compétitive, probablement via un plan de relance d’infrastructures. Les taux d’intérêts des pays développés devraient alors poursuivre leur progression et la hausse s’enclencher enfin en Europe. La Banque Centrale Européenne apparaît en retard dans la phase de resserrement monétaire et les anticipations de remontée des taux restent beaucoup trop faibles à l’horizon 2019.

La semaine dernière, le gouvernement italien a soumis son budget 2019 à la Commission Européenne. Cette dernière dispose désormais de deux semaines pour l’approuver ou le rejeter. En arrière-plan, les agences de notation Moody’s et S&P doivent se prononcer sur le maintien ou la dégradation de la note crédit du pays (26 octobre). Suite à la remise du budget, le commissaire européen Günther Oettinger a prévenu que selon lui, le budget italien de 2019 ne respectait pas les règles européennes. Le président du conseil italien Giuseppe Conte a quant à lui prévenu qu’il n’y avait aucune marge de négociation, dans la lignée de Matteo Salvini qui n’envisage aucune révision du budget communiqué à la Commission.

Le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, a prévenu qu’une lettre avait été transmise au gouvernement italien
en raison d’une « déviation sans précédent » du budget vis-à-vis des règles du Pacte de stabilité et de croissance. Le déficit proposé par le gouvernement italien pour 2019 à 2,4% est en effet bien loin des 0,8% annoncé par le gouvernement précédent, une inquiétude d’autant plus amplifiée par la dette élevée du pays. Cette lettre pourrait constituer les prémisses d’un rejet du budget italien alors qu’aucun budget n’a jamais été refusé depuis la mise en place de la nouvelle procédure en 2013. Une crainte supplémentaire est venue des conséquences de l’acceptation en l’état du budget vis-à-vis des autres membres de la zone Euro qui pourraient se sentir lésés. Selon Jean-Claude Juncker, président de la Commission, certains états membres s’opposent formellement à une telle souplesse budgétaire italienne.

Nous anticipons qu’une issue favorable sera trouvée à l’actuel bras de fer entre la commission européenne et le gouvernement italien.
Tout d’abord, il faut rappeler certains faits : le solde primaire italien, avant paiement des charges d’intérêt, est systématiquement positif en Italie, alors qu’il est négatif par exemple en France depuis la crise notamment de 2008. Si les programmes de la Ligue et du mouvement 5 étoiles avait été maintenu, le déficit aurait été de 5%. Les craintes du marché viennent notamment du fait que par rapport au déficit préalablement annoncé de 1.6%, la proposition de 2.4% pouvait constituer une déception ; mais là encore, cette annonce est peut-être en liaison avec l’annonce du déficit français qui approche les 3%.
En cas d’impasse avec la commission européenne, il existe un risque d’élections anticipées en Italie début 2019. Cependant, paradoxalement, la dynamique pourrait être alors favorable à une alliance de la Ligue avec M Berlusconi. En ce cas, une politique dite de l’offre serait remise en avant -baisse des charges patronales afin de remédier au déficit de productivité de l’appareil italien -, ce qui serait perçu très favorablement par les marchés – c’est l’addition d’un programme de gauche et de droite, avec des déséquilibres accrus qui est actuellement source d’inquiétude –

 

Nous maintenons donc notre sous-pondération sur les marchés obligataires. Concernant les marchés actions, leurs valorisations ne nous apparaissent pas excessives, elles reviennent même vers sur leur moyenne de long terme. Aux Etats-Unis, nous continuons de privilégier le segment des valeurs de croissance, avec une importante couverture de change. Les pays émergents devraient profiter à la fois d’une baisse du dollar et d’une stabilisation de l’économie chinoise. Les actions japonaises, largement sous-valorisées, pourraient surprendre à la hausse avec le retour de la croissance et l’éloignement du risque déflationniste. Enfin, après nous être repositionnés pendant quelques semaines sur des secteurs plus « value » qui étaient très en retard par rapport aux valeurs de croissance, nous avons augmenté notre exposition actions dans les portefeuilles gérés de nos clients en nous focalisant sur de grandes valeurs de croissance sur les marchés européens et émergents.


Achevé de rédiger le 25 octobre 2018

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L’actualité de la Bourse et du Trading – Juillet 2018

Indices boursiers, évolution des cours de matières premières et des devises, analyses de marchés. Retrouvez toutes les informations qui font l’actualité de la Bourse et du trading sur ce début d’année 2018. Des données économiques et financières décryptées par Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements chez VEGA Investment Managers, qui vous livre également ses convictions et ses anticipations. Un tour d’horizon du marché indispensable pour tous les investisseurs.

Point Marché

En ce milieu d’année, il est utile d’actualiser notre scénario 2018, présenté dans la trading news de février. L’élément central de notre analyse reste toujours valide : le marché est tiraillé entre deux forces contraires, d’un côté, l’évidence que la croissance européenne engendrera au terme de cette année des résultats au moins en ligne avec les anticipations des analystes, de l’autre, un marché réactif à des éléments plus émotionnels, tels que la fin du mythe d’une croissance pérenne sans retour possible de l’inflation.

Ceci s’est traduit dans notre gestion sous mandat par un positionnement plus prudent dès le début d’année, avec notamment une réduction de l’exposition actions, un allègement des obligations à haut rendement et des valeurs moyennes. Nous avions également initié une position sur l’or, afin d’offrir une protection possible en cas de stress de marché, rôle que ne joue plus l’obligataire souverain classique.

Nous anticipions en début d’année que dans un univers où les cycles d’expansion étaient de plus en plus rapides, l’anticipation d’un pic de croissance en fin 2017, avec moins de surprises économiques favorables, deviendrait logiquement le scénario central des investisseurs, mais que cela ne constituait pas un risque en soi. Dans notre vision au contraire, les débats, resurgissant progressivement au fil des mois, permettraient d’éviter un réel décrochage – envisageable si le marché avait dû intégrer dans le même temps un effet de ciseau comme la remontée des indices d’inflation par exemple et une croissance américaine revenant à son potentiel de long terme.

Quelles ont été, dans ce contexte, les surprises ? Et quels sont les nouveaux éléments à prendre en considération ? Tout d’abord, d’un point de vue économique, les déceptions – que nous considérons comme passagères – ont davantage concerné le marché européen que les États-Unis. Or, pour nous, il existe toujours mécaniquement une réserve de croissance sur le marché européen, du fait d’un taux de chômage qui n’est pas encore revenu à son niveau d’avant crise ; les créations d’emplois vont encore soutenir la confiance des consommateurs pendant plusieurs trimestres. Un ralentissement outre-Atlantique, alors que le chômage s’inscrit dorénavant résolument en dessous de 4 %, serait interprété avec beaucoup plus de craintes du fait d’un cycle de reprise qui dépasse déjà les 100 mois, et d’un taux d’utilisation des capacités industrielles déjà élevé, qui empêche le relais d’investissements supplémentaires en cas d’essoufflement. La bonne surprise de ce 1er semestre est donc pour nous le fait que les débats autour d’un possible ralentissement américain ne sont pas encore d’actualité, alors qu’ils auraient pu commencer à se faire jour dès cette année en anticipation de 2019.

Les points négatifs sont de deux ordres par rapport à nos anticipations de début d’année. Tout d’abord, la perception sur Donald Trump des investisseurs a changé, notamment en matière de « guerre commerciale » avec la Chine. En début d’année, les marchés étaient favorables au Président américain, comme l’a prouvé la hausse des indices actions américains de plus de 30 % depuis son élection, s’appuyant, non pas sur une progression des résultats – simplement de l’ordre de 10 % -, mais sur la foi de ses mesures fiscales. D’autre part, Donald Trump était considéré comme un « deal maker », c’est-à-dire quelqu’un qui tape fort au début de la négociation pour ensuite trouver un accord satisfaisant. Enfin, il y avait l’idée que les élections de « mid term » en novembre 2018 seraient un échec pour lui et mettraient un terme à sa possibilité d’intervention. Sur tous ces points, la perception des investisseurs a beaucoup évolué et il est notable – et rare – qu’une même information – le bras de fer entre les États-Unis et la Chine -, loin de s’user au fil des semaines comme c’est le cas de beaucoup d’éléments d’actualité, occupe, au contraire, de plus en plus le devant de la scène.
Le second élément négatif est lié à l’Europe où nous anticipions que les craintes politique et les déchirements autour de la sortie de l’euro de certains pays avaient perdu beaucoup en intensité depuis l’année dernière. D’ailleurs, après le front commun des pays européens face à l’Angleterre et au Brexit, des avancées par exemple sur l’idée d’un budget européen ont pu apparaître. Mais c’est sur le front de la politique migratoire que l’incapacité pour l’Europe d’avancer s’est affichée au grand jour, avec notamment de fortes lignes de fracture entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, ou encore entre le couple franco-allemand et des pays considérés autrefois comme des « petits » pays, mais ne voulant plus aujourd’hui voir leur politique dictée uniquement par ces deux pays.

 

Au global, le marché est donc encore tiraillé entre des données micro-économiques qui confirment leur dynamique positive et une aversion au risque associée à des décisions politiques. Même si certains de ces débats constituent des questions de long terme, il nous semble toutefois que des décisions ou déclarations sont susceptibles de modifier la perception des investisseurs en matière politique, alors que l’amélioration des bénéfices par action des sociétés constitue un élément plus pérenne. Pour être plus précis, les révisions des analystes pour les entreprises européennes confirment une progression autour de 10% pour 2018, alors qu’aux États-Unis, la hausse prévue pour l’indice large du S&P 500 atteint même le niveau de 22 % – niveau qui généralement ne se voit qu’après des années de reprise suivant une récession comme ce fut le cas par exemple en 2019, mais qui se révèle plus exceptionnelle après 9 années de hausse des bénéfices -. Certes, cette hausse intègre la réforme fiscale américaine, mais la croissance des bénéfices par action en dehors de ces éléments sera toutefois au moins égale à l’Europe, estimée aujourd’hui à 12 %. Dernier élément favorable à la dynamique des bénéfices par action : le montant record des rachats de titres par les sociétés américaines du fait notamment du vote d’une fiscalité favorable en matière de rapatriements des profils offshore.


Le présent document a un caractère purement informatif. Il ne saurait constituer un conseil en investissement ni une quelconque recommandation personnalisée. Il a été réalisé sur la base de données financières et/ou conjoncturelles valables à un instant donné et émanant de sources extérieures à VEGA Investment Managers, dont elle ne saurait garantir la parfaite exactitude. La responsabilité de VEGA Investment Managers ne saurait être engagée à quelque titre que ce soit en raison des informations contenues dans le présent document. Il est rappelé qu’avant toute décision d’investissement/désinvestissement, il appartient à l’investisseur de s’assurer, auprès de ses conseils juridiques, fiscaux, financiers, comptables et tous autres professionnels compétents, que l’investissement/désinvestissement envisagé est conforme à ses besoins, au regard notamment de sa situation financière, juridique, fiscale ou comptable et de ses objectifs d’investissement. Préalablement à la souscription, nous vous invitons à prendre connaissance du document d’information clé pour l’investisseur (DICI) de ces fonds, remis par votre interlocuteur habituel.


 


L’actualité de la Bourse et du Trading – Février 2018

Indices boursiers, évolution des cours de matières premières et des devises, analyses de marchés. Retrouvez toutes les informations qui font l’actualité de la Bourse et du trading sur ce début d’année 2018. Des données économiques et financières décryptées par Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements chez VEGA Investment Managers, qui vous livre également ses convictions et ses anticipations. Un tour d’horizon du marché indispensable pour tous les investisseurs.

 

Point Marché

Pour l’année 2018, nous anticipions que le marché serait tiraillé entre deux forces contraires. D’un côté, l’évidence que la croissance européenne engendrerait in fine des résultats au moins en ligne avec les anticipations des analystes au final, mais de l’autre un marché qui se construisait sur une croyance à laquelle nous n’adhérions pas du tout et qui serait déceptive, à savoir : une croissance pérenne et sans inflation aboutissant à des marchés peu volatiles. En conséquence, alors que nous étions surexposés sur les actifs risques et avions même renforcé notre surexposition à l’annonce du Brexit, nous étions revenus à la neutralité depuis la toute fin de 2017. Nous avions également réduit beaucoup de sources de risque au travers de ventes sur les valeurs moyennes et sur les obligations à haut rendement, et nous avions également investi sur l’or dans nos mandats afin de permettre une protection que n’offre plus l’obligataire souverain depuis plusieurs trimestres ; du fait de notre anticipation de hausse des taux, nous avions également investi sur des secteurs sur lesquels nous sommes habituellement moins présents, comme les valeurs pétrolières ou les financières.

Après la politique en 2016, et la question de la force de l’économie mondiale en 2017, nous anticipions que le marché réagirait à des signaux dorénavant plus « faibles », comme l’inflation ou une plus grande fragilité du dollar.

Nous croyons, depuis très longtemps, au message délivré par la Réserve fédérale sur le rythme et le timing de ses hausses de taux : 3 programmées cette année. Pourquoi ? La banque centrale américaine ne peut pas ne pas profiter de cette fenêtre de tir de 2018 (et se redonner des marges de manœuvre), dans l’hypothèse d’une inflexion de la croissance économique outre-Atlantique en 2019 (après un cycle très long de plus de 8 ans de hausse).

Second point, nous ne croyons pas à l’idée en vogue actuellement d’une inflation définitivement morte sous les coups de « l’ubérisation », des prix bas des matières premières. Le débat autour de l’inflation devait donc sur le devant de la scène aux Etats-Unis ! Des signaux tels la hausse des prix à la production qui était encore en territoire négatif en 2016 et avait touché les niveaux de 4% dès la fin d’année dernière, la hausse de plusieurs matières premières et pas seulement celle du pétrole, ou la faiblesse du dollar entraînant une inflation importée auraient pu être les éléments déclencheurs, mais cela aura été finalement la première publication de l’année sur la hausse des salaires à 2.9% en Janvier, qui aura mis le feu au poudre.

Quels ont été les mouvements sur l’annonce et quel est notre scénario pour les prochaines semaines ?

Notre objectif avait été en début d’année de nous donner les moyens d’intervenir rapidement en cas de retour de la volatilité et de décrochage brutal des marchés ; ce que nous avons fait dès l’ouverture, le mardi 6 février 2018, en nous positionnant essentiellement sur des valeurs allemandes afin de profiter de leur caractère cyclique que nous souhaitons continuer de privilégier à ce stade. Nous sommes intervenus rapidement, car notre interprétation a été celle d’un mouvement essentiellement technique lié au réveil brutal des investisseurs sur les marchés actions, alors que parallèlement les marchés refuges comme l’or, les taux, le yen ou le franc suisse ne faisaient pas l’objet de repositionnement de moyen terme.

Cette correction est-elle un épiphénomène et les marchés vont-ils reprendre leur marche en avant comme auparavant ? Nous ne le croyons pas. Il y a un point important sur lequel nous insistons et qui a expliqué la violence du mouvement. Beaucoup d’investisseurs avaient pris des positions très importantes vendeuses de volatilité et ont du se couper en panique face à ce mouvement, ce qui a engendré des ventes de contrats en retour. Ces positions n’ont pu être bien évidemment éclusées en un jour. Répétons le : afin de reprendre sa marche en avant de manière plus saine, le marché doit sortir de cette mythologie d’une croissance robuste et  sans inflation. Plus précisément, le sujet de l’inflation ne doit pas être éludé et doit faire au minimum l’objet de débats et non de ce consensus qui prêtait à la déception et au risque asymétrique sur les marchés.

La première partie de cet axiome pourrait à son tour faire l’objet de débats selon nous. Lorsque pratiquement tous les pays sont en croissance, et que de plus celle-ci est équilibrée entre croissance et investissement, d’où peuvent venir les déceptions ? Nous pensons tout d’abord, que dans un univers où les cycles d’expansion sont de plus en plus rapides, l’anticipation dorénavant d’une croissance en plateau, avec moins de surprises économiques favorables, deviendra le scénario central des investisseurs. Mais en nous projetant au-delà légèrement dans le temps et en se concentrant sur le marché leader des Etats-Unis, le fait par exemple que la participation au marché de l’emploi ne progresse plus face à taux de chômage déjà très bas, indique la possibilité d’un goulot d’étranglement au niveau de l’offre de travail. Ce « blocage »  ferait redescendre la croissance américaine d’une grande marche et la ferait reconverger vers sa croissance potentielle, bien en-deçà de 2%. Cette prise de conscience pourrait survenir dans un marché qui comme nous l’avons vu n’a pas encore purger les positions de beaucoup de « mains faibles » d’investisseurs.

Dans ce contexte, nous allons continuer de faire preuve de beaucoup de réactivité dans les marchés, afin de pouvoir nous donner les moyens de mettre à profit une seconde alerte comme nous l’avons fait cette semaine pour in fine tirer le meilleur parti des résultats de sociétés de la zone euro qui ne sont pas soumis fondamentalement aux soubresauts que nous venons de traverser.


Le présent document a un caractère purement informatif. Il ne saurait constituer un conseil en investissement ni une quelconque recommandation personnalisée. Il a été réalisé sur la base de données financières et/ou conjoncturelles valables à un instant donné et émanant de sources extérieures à VEGA Investment Managers, dont elle ne saurait garantir la parfaite exactitude. La responsabilité de VEGA Investment Managers ne saurait être engagée à quelque titre que ce soit en raison des informations contenues dans le présent document. Il est rappelé qu’avant toute décision d’investissement/désinvestissement, il appartient à l’investisseur de s’assurer, auprès de ses conseils juridiques, fiscaux, financiers, comptables et tous autres professionnels compétents, que l’investissement/désinvestissement envisagé est conforme à ses besoins, au regard notamment de sa situation financière, juridique, fiscale ou comptable et de ses objectifs d’investissement. Préalablement à la souscription, nous vous invitons à prendre connaissance du document d’information clé pour l’investisseur (DICI) de ces fonds, remis par votre interlocuteur habituel.


L’actualité de la Bourse et du Trading – Octobre 2017

Indices boursiers, évolution des cours de matières premières et des devises, analyses de marchés. Retrouvez toutes les informations qui font l’actualité de la Bourse et du trading sur le 3e trimestre 2017. Des données économiques et financières décryptées par Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements chez VEGA Investment Managers, qui vous livre également ses convictions et ses anticipations. Un tour d’horizon du marché indispensable pour tous les investisseurs.

 

Point Marché

« Retour aux fondamentaux » : c’est la tendance qui a caractérisé les marchés financiers au cours des trois derniers mois, laissant ainsi derrière eux la période précédente marquée par le Brexit et la succession d’échéances électorales. Les discours des banquiers centraux ont ainsi de nouveau retenu l’attention des investisseurs : quid de l’avenir des politiques monétaires « ultra-accommodantes », en place maintenant depuis de nombreuses années ? La vitalité (confirmée au fil des mois) de la croissance mondiale est de toute évidence à l’origine de ce questionnement.

 

L’embellie se poursuit en Europe

Dans toutes les zones géographiques, les données macro-économiques continuent à être très bien orientées. Aux États-Unis, la longévité du cycle économique positif (plus de 8 ans) conduisait certains observateurs à s’interroger, mais la publication d’un PIB au 2e trimestre en hausse de 3,1 %, son rythme le plus rapide en 2 ans, est venue confirmer qu’un retournement n’est pas d’actualité outre-Atlantique.

Mais l’élément le plus notable est la poursuite de l’embellie économique en Europe. En effet, la croissance semble bien partie pour s’installer autour de 2 % pour les 2 prochaines années. L’appréciation de l’euro est un marqueur de ce dynamisme retrouvé.

Dans les pays émergents, l’Asie et la Chine jouent toujours un rôle moteur mais l’Amérique Latine n’est pas en reste et bénéficie du rebond des matières premières et du pétrole.

Même au Japon, l’économie repart depuis plusieurs trimestres, sans l’aide cette année, ce qui est remarquable, d’une dépréciation du yen. De plus, le Président Shinzo Abe a convoqué des élections anticipées pour le 22 octobre, offrant ainsi beaucoup de visibilité.

 

Un resserrement monétaire soucieux de ne pas pénaliser la croissance

Parallèlement, et malgré un marché de l’emploi tendu dans certains pays, les prix à la consommation restent sages. C’est donc dans cet environnement d’une croissance robuste sans pressions inflationnistes notables que les banquiers centraux sont intervenus. Pour l’essentiel, il convient de retenir que si le processus de resserrement monétaire semble bien initié, il s’attachera à ne pas pénaliser la croissance et à générer le moins de perturbation possible, en guidant au mieux les anticipations de marché. Ainsi, la Réserve fédérale américaine (la Fed) a annoncé qu’elle allait commencer à procéder à la réduction de la taille de son bilan ; elle prépare les marchés à une nouvelle hausse de ses taux directeurs en décembre. La Banque Centrale Européenne (BCE), quant à elle, diminuera probablement ses achats d’actifs à partir de 2018, des détails sur les modalités techniques devant être dévoilés en octobre.

 

A suivre : la parité euro/dollar

Cependant, malgré cet environnement économique très favorable, des points d’attention subsistent, au premier rang desquels l’escalade des tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis. Pour l’heure, les épisodes de volatilité sur les marchés sont restés de courte durée. Toutefois, l’imprévisibilité des parties en présence appelle à la prudence sur ce dossier. Autre sujet à suivre, les négociations entourant la politique budgétaire américaine (ampleur des mesures fiscales, relèvement du plafond de la dette) seront également scrutées par les investisseurs. Selon nous, le point central reste cependant l’évolution de la parité euro/dollar : nous anticipons que désormais, elle ne pénalisera plus la perception des investisseurs sur l’évolution des bénéfices des entreprises européennes.

 


Perspectives

Les actions de la zone euro toujours privilégiées

Ainsi, la visibilité sur la croissance économique à venir, couplée à des prévisions bénéficiaires pour les entreprises qui se maintiennent au fil des révisions des analystes financiers, nous conduit toujours à privilégier les actifs risqués, au détriment des obligations souveraines. Chez VEGA Investment Managers, nous maintenons donc notre surexposition sur les actions de la zone euro, celles des marchés émergents et du Japon. En termes d’allocation géographique, nous restons sous-pondérés sur les États-Unis et craignons toujours une détérioration de l’économie en Grande Bretagne.

 

Prudence renforcée sur les obligations américaines

Sur le marché obligataire, nous privilégions une internationalisation des portefeuilles en faveur des obligations émergentes mais pas américaines. Pourquoi ? Il convient d’abord de rappeler que, contrairement aux anticipations actuelles des investisseurs, il nous semble que de brusques sursauts de reprise d’inflation aux États-Unis, et donc de remontée des taux, sont tout à fait possibles. De même, les objectifs de la Fed en matière d’objectif d’inflation peuvent être modifiés avec l’arrivée d’un nouveau Président – le mandat de Janet Yellen s’achève en février 2018 – : ceci peut conduire à des hausses de taux malgré l’éloignement de l’objectif d’une inflation à 2 %. Nous restons donc absents des marchés de taux américains. Parallèlement à notre sous-pondération sur les obligations d’État européennes, nous privilégions les obligations financières, les obligations à haut rendement, ainsi que les obligations émergentes.

Enfin, sur le front des changes, la parité sur l’euro/dollar s’est matérialisée dès le mois de septembre. Après la forte progression de la devise européenne contre le billet vert, nous avions levé notre couverture sur la parité et étions redevenus exposés au dollar pour nos positions américaines. Surtout, nous anticipons que la corrélation des marchés financiers avec les devises allait s’estomper, et que le marché actions allait de nouveau se corréler sur l’amélioration des bénéfices des entreprises européennes liées au rebond du PIB.

 

 

Le présent document a un caractère purement informatif. Il ne saurait constituer un conseil en investissement ni une quelconque recommandation personnalisée. Il a été réalisé sur la base de données financières et/ou conjoncturelles valables à un instant donné et émanant de sources extérieures à VEGA Investment Managers, dont elle ne saurait garantir la parfaite exactitude. La responsabilité de VEGA Investment Managers ne saurait être engagée à quelque titre que ce soit en raison des informations contenues dans le présent document. Il est rappelé qu’avant toute décision d’investissement/désinvestissement, il appartient à l’investisseur de s’assurer, auprès de ses conseils juridiques, fiscaux, financiers, comptables et tous autres professionnels compétents, que l’investissement/désinvestissement envisagé est conforme à ses besoins, au regard notamment de sa situation financière, juridique, fiscale ou comptable et de ses objectifs d’investissement. Préalablement à la souscription, nous vous invitons à prendre connaissance du document d’information clé pour l’investisseur (DICI) de ces fonds, remis par votre interlocuteur habituel.


L’actualité de la Bourse et du trading – Juin 2017

Indices boursiers, évolution des cours de matières premières et des devises, analyses de marchés. Retrouvez toutes les informations qui font l’actualité de la Bourse et du trading sur le 2e trimestre 2017. Des données économiques et financières décryptées par Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements chez VEGA Investment Managers, qui vous livre également ses convictions et ses anticipations. Un tour d’horizon du marché indispensable pour tous les investisseurs.

« Sur le dernier trimestre, c’est encore l’actualité politique qui a dominé des deux côtés de l’Atlantique. Du côté américain, il y a eu tout d’abord un revirement de position quant à l’attitude des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine qui n’accuse plus cette dernière de manipulation sur les changes. De même, l’attaque américaine en Syrie a été perçue comme un signe que les Etats-Unis ne délaissaient pas le champ des affaires internationales, ce qui a été accueilli positivement par les investisseurs. En Grande-Bretagne, Theresa May a décidé d’organiser des élections législatives anticipées ; l’Europe affiche un front uni face à elle et semble lui imposer ainsi en quelque sorte un « hard brexit ».

 

Rebond important des marchés européens

Ceci nous amène directement à l’élection française et à la question de la modification de la perception de l’Europe. Le résultat des élections au premier tour a clôturé le suspense et a offert un rebond important des marchés européens qui gagnent plus de 10% depuis le début d’année. Cette hausse des marchés reflète à peine l’amélioration des résultats qui seront enregistrés en 2017.
Le risque politique français était d’ailleurs perçu très différemment entre investisseurs internationaux et domestiques, et c’est l’évènement « Penelopegate » qui a finalement repoussé l’amélioration de cette perception de la situation française.

Au-delà de la réussite de cette dynamique en France, et d’une sortie de l’enlisement européen, notamment au travers du retour du moteur franco-allemand mis en avant depuis plusieurs mois, Emmanuel Macron bénéficiera d’un contexte économique bien meilleur que celui de son prédécesseur. Tout d’abord, du fait de l’extrême faiblesse des taux d’intérêt, la question de l’assainissement budgétaire – qui avait notamment entraîné les hausses d’impôt du précédent mandat – ne se pose plus dans les même termes. Ensuite, la zone euro connait une amélioration sensible de la situation de l’emploi, avec une baisse de 2,5% en trois ans. Et enfin, le retard accumulé entre production réelle et croissance potentielle en France au cours des dernières années, conduit à un rattrapage qui permet à un organisme comme l’OCDE d’anticiper une croissance moyenne annuelle de l’ordre de 1,7% pour les cinq prochaines années.

 

Une perception différente autour de l’Europe politique

Les publications des entreprises confirment largement cette amélioration. La question que nous posions en ce début d’année était de savoir si l’élément politique, qui avait été considéré du côté européen comme un risque et un handicap depuis plusieurs années, ne pourrait pas au contraire constituer une opportunité pour 2017. La question d’une Europe à plusieurs vitesses et la résolution rapide des derniers épisodes grecs constituent des premiers indices aux yeux d’investisseurs anglo-saxons totalement absents de nos marchés. Au cours des dernières semaines, plusieurs éléments sont venus confirmer la différence de perception autour de l’Europe politique. Il y a eu bien sûr la large victoire d’Emmanuel Macron, avec une probabilité élevée qu’une majorité au parlement soit remportée par son parti. Le couple franco-allemand est remis en marché et il faut également souligner le fait que l’Italie pourrait peut-être rejoindre ce moteur avec Matteo Renzi qui suggère une gestion politique forte, c’est-à-dire que les élections italiennes aient lieu en même temps que les élections allemandes le 24 septembre prochain. Il y a enfin le fait que l’Union Européenne apparaît unie face au Brexit, avec une feuille de route claire du Commissaire européen Michel Barnier démontrant que les 27 pays européens font preuve d’une union sans faille.

 

Une progression possible des taux en 2017

En termes de politique monétaire, le cadre reste le même avec une Fed qui a confirmé que la hausse des taux allait probablement continuer en 2017, du fait de sa confiance dans l’économie américaine malgré quelques signes de faiblesse récemment observés. Deux hausses sont attendues aux Etats-Unis. Du côté européen, Monsieur Contancio, vice Président de la BCE, a déclaré qu’une politique accommodante pour une période prolongée est moins risquée qu’un retrait prématuré de la stimulation monétaire. Un message on ne peut plus clair donc sur la poursuite de la politique de la BCE.
Comme nous l’indiquions dans le flash info au lendemain des élections, la hausse des indices européens dans ce contexte n’a pas entamé le potentiel d’amélioration économique sur les prochaines années en France et en Europe, qui pourra se développer si le cycle de croissance américain débuté il y a huit ans ne s’achève pas et si les déséquilibres chinois liés à l’endettement sont bien gérés. Ces deux points constituent les risques de ce scénario, mais les investisseurs considèrent à horizon de quelques trimestres qu’il est trop tôt pour que ces deux risques se matérialisent. »

 

Le présent document a un caractère purement informatif. Il ne saurait constituer un conseil en investissement ni une quelconque recommandation personnalisée. Il a été réalisé sur la base de données financières et/ou conjoncturelles valables à un instant donné et émanant de sources extérieures à VEGA Investment Managers, dont elle ne saurait garantir la parfaite exactitude. La responsabilité de VEGA Investment Managers ne saurait être engagée à quelque titre que ce soit en raison des informations contenues dans le présent document. Il est rappelé qu’avant toute décision d’investissement/désinvestissement, il appartient à l’investisseur de s’assurer, auprès de ses conseils juridiques, fiscaux, financiers, comptables et tous autres professionnels compétents, que l’investissement/désinvestissement envisagé est conforme à ses besoins, au regard notamment de sa situation financière, juridique, fiscale ou comptable et de ses objectifs d’investissement. Préalablement à la souscription, nous vous invitons à prendre connaissance du document d’information clé pour l’investisseur (DICI) de ces fonds, remis par votre interlocuteur habituel.