Il y a 3 semaines

Verdir la finance : les banques centrales passent à l’action

Verdir la finance : les banques centrales passent à l’action

Verdir la finance : les banques centrales passent à l’action

 

En décembre 2017, une poignée de banquiers centraux et superviseurs s’emparaient de la question du réchauffement climatique. À l’occasion du One Planet Summit, ils lançaient le réseau des banques centrales et superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS, Network for Greening the Financial System). Preuve de son importance, le réseau n’a depuis cessé de s’étoffer. Il compte désormais 36 membres et 4 observateurs issus des cinq continents. Dernières arrivées en date, les instances financières suisses. La France, quant à elle, est représentée par l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) et la Banque de France, secrétaire du NGFS. Alliés dans la lutte pour une finance verte, les banquiers et superviseurs du NGFS livrent leurs recommandations pour une transition vers une finance durable et appellent à une action collective.

 

Une réponse urgente

La mobilisation croissante du secteur financier en faveur du climat se justifie par la hauteur des enjeux. Franck Elderson, président du NGFS et représentant de la Banque centrale néerlandaise, rappelle ainsi que « si nous nous alignons sur les 1,5 degrés de réchauffement prévus par l’accord de Paris, nous devrons gérer de très nombreux risques de transition. Si nous nous alignons vers les 4 degrés, alors ce sont les risques physiques liés aux catastrophes en série que nous devrons gérer ! »

Parmi ces risques figurent la destruction de terres agricoles, de villes et d’infrastructures et les répercussions sur les économies des pays touchés, sur la productivité mondiale, les ressources disponibles, les échanges commerciaux… Sans oublier, bien entendu, les conséquences sur la santé des individus ainsi que la faune et la flore. Autant de transformations au coût financier élevé.

Les pertes couvertes par les assurances, corrigées de l’inflation, ont ainsi été multipliées par cinq au cours des trente dernières années, alertent dans une tribune commune en date du 17 avril dernier les gouverneurs des banques centrales d’Angleterre et de France. L’avenir des entreprises est également en jeu : « si certaines entreprises et certains secteurs ne parviennent pas à s’adapter à ce nouveau monde, elles ne pourront pas subsister », affirment ainsi les auteurs de la tribune, qui invitent à « verdir le système financier ».

Pour y parvenir, la réponse doit être collective. Aux côtés des pouvoirs publics, le NGFS n’entend pas se contenter d’un rôle passif, mais bien proposer des initiatives concrètes, capables de réallouer les flux de capitaux et de participer à la construction d’une finance durable. Avec des chances de succès, puisque si le NGFS est avant tout « une coalition des volontés », comme le dit François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, son poids n’en est pas moins conséquent. Les pays que représentent ses membres pèsent 44 % du PIB mondial et sont responsables de 45 % des émissions de gaz à effet de serre. Ils supervisent également deux tiers des institutions financières d’importance systémique, qu’ils s’agissent de banques ou d’assurances.

Articles similaires