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Réinventer l’assurance vie

FOCUS SUR CEAPC

La conjugaison entre un environnement durable de taux bas et un cadre réglementaire strict démontre les limites du modèle de l’assurance vie telle qu’elle existe aujourd’hui. Néanmoins, loin d’être figée, l’assurance vie démontre sa capacité à innover, au travers de l’élaboration de nouveaux produits permettant d’orienter l’épargne des investisseurs vers des supports répondant aux contraintes des assureurs et de leurs clients, toujours attachés aux avantages de ce placement.

Alors que les limites des fonds en euros n’ont plus à être démontrées, les acteurs financiers lui cherchent des alternatives. L’objectif : détourner les flux de ces fonds coûteux pour les assureurs et peu rémunérateurs pour les investisseurs vers d’autres placements, sans trop y sacrifier au passage. Car si le fonds euros conserve les faveurs des investisseurs, c’est avant tout pour les garanties qu’il apporte, tant du côté du capital que des rendements.

 

Modifier les conditions des contrats

Avant de renoncer à un produit qui plombe leur ratio de solvabilité et demande d’importantes réserves en capital, les assureurs peuvent déjà jouer sur les garanties apportées. Ainsi, la plupart des acteurs français du secteur ont déjà abaissé le niveau de leur taux de rendement garanti. Selon l’ACPR, le taux moyen de revalorisation minimum était de 0,43 % fin 2018, toutefois 18 acteurs conservaient encore un taux moyen de plus de 1,50 %. Ils disposent donc d’une certaine marge de manœuvre afin de desserrer l’étau que représentent ces fonds pour leur santé financière. A condition, cependant, d’obtenir l’agrément des détenteurs de contrats et donc d’engager des négociations individuelles.

Certains assureurs ont apporté d’autres modifications aux caractéristiques de leurs contrats au cours de ces dernières années. Plusieurs d’entre eux ont choisi d’augmenter leurs frais d’entrée, ou encore de garantir désormais un taux brut de frais, et non plus net comme ce fut le cas auparavant.

 

Promouvoir une solution alternative

Jouer sur les conditions des contrats peut apparaître comme une solution palliative. Le véritable enjeu est plus d’inciter les investisseurs à orienter leur épargne vers des produits moins contraignants que les fonds euros. Pour les convaincre, ces produits doivent donc être attrayants et combiner perspectives de rendement et certaines garanties.

Méconnu ou souffrant d’un déficit d’image, un placement réunissant de telles conditions existe déjà parmi la gamme de contrats disponibles dans l’assurance vie. Le fonds euro-croissance se veut en effet le trait d’union entre les fonds euros et les unités de compte, permettant de profiter du meilleur des deux mondes en échange de contreparties raisonnables. La loi Pacte en a délivré une nouvelle mouture, la première version du fonds euro-croissance datant de 2014 n’ayant pas rencontré le succès escompté.

Avec un fonds euro-croissance, l’investisseur bénéficie toujours d’une garantie sur le capital, mais seulement au bout d’une période de 8 ans minimum. Si l’argent est sorti avant cette échéance, la garantie du capital ne s’applique pas et il existe donc un risque de perte. D’un autre côté, le rendement des fonds euro-croissance est supérieur à celui des fonds euros traditionnels.

Les conditions du fonds euro-croissance peuvent varier. Le capital peut par exemple être garanti au bout de 8 ans, 10 ans ou plus, et être garanti à des niveaux divers, comme 98 % ou 100 %. En fonction de ces paramètres, le rendement change : plus l’échéance est longue, plus il est élevé.

Le contrat euro-croissance peut donc s’adapter en fonction des projets et horizons des investisseurs. La loi Pacte espère favoriser son adoption, en facilitant le transfert d’anciens contrats d’assurance vie peu rémunérateurs vers les fonds euro-croissance sans perte d’antériorité fiscale.

 

Innover au travers de nouvelles propositions

La véritable nouveauté est sans doute à chercher du côté des produits spécialement conçus pour se substituer aux fonds euros. Une nouvelle génération de produits financiers, réunissant l’ingénierie de plusieurs acteurs du secteur, a ainsi vu le jour. Sa particularité : intégrer du capital protégé dans les unités de compte.

La garantie du capital est partielle et peut être étendue selon un système d’option. Le propre de ces garanties est de ne pas être uniquement proposées par l’assureur lui-même, mais par un structureur. Une façon, pour l’assureur, de préserver son ratio de solvabilité, tout en offrant des garanties.

Natixis, structureur de produits sur-mesure du groupe BPCE, propose ainsi des solutions éligibles aux unités de compte des contrats d’assurance-vie permettant de conjuguer protection du capital et potentiel de rendement. La solution Trésolya 2 permet de bénéficier du rendement des marchés actions françaises avec une protection de 90% du capital initial à tout moment à échéance 5 ans. L’investisseur ne bénéficiera pas pleinement de la hausse de l’indice (plafonné à 20% sur 5 ans) mais répondra à son double objectif : sécurisation du capital à hauteur de 90% et rendement potentiel supérieur au rendement du fonds euro.

L’innovation ne s’arrête pas à la garantie du capital. Parmi les solutions qui voient le jour, les offres de garantie conditionnelle peuvent également s’appliquer au rendement.

Des structurations plus avancées peuvent être réalisées en fonction de l’appétence et des objectifs du client : maturité plus longue, rendement espéré plus élevé, protection du capital plus faible, mise en place de coupons fixes les deux premières années puis coupons conditionnés à l’évolution d’un indice ou des coupons mémoires.  (Lire la newsletter n°3 consacrée aux produits structurés)

 

Quitter les fonds euros, mais limiter les risques

Quitter les fonds euros pour se diriger vers les unités de compte implique de prendre des risques, au travers d’une exposition aux marchés financiers, afin de profiter d’un potentiel rendement supérieur. En suivant certaines règles d’investissement et bonnes pratiques, il est possible d’atténuer les risques présentés par les marchés. Et c’est bien là toute l’optique d’une série de produits, assortis de conditions privilégiées.

L’une des manières de diluer le risque est notamment de fractionner les investissements : investir l’argent par petites sommes, à différents moments. Cela permet de lisser les niveaux d’entrée sur les marchés et de les moyenner à la baisse en cas de chute des marchés financiers. Pratique courante des investisseurs qui entrent en direct sur les marchés, elle est désormais offerte aux souscripteurs de contrats d’assurance vie. Des solutions, comme la formule Lib’rt proposée par CNP ou l’option tempo 3 disponible dans les contrats de LMP, permettent ainsi d’investir librement sur une période de 3 à 6 mois suivant les contrats, afin de saisir les points d’entrée les plus intéressants et d’arbitrer entre les différents supports proposés dans le contrat, sans frais d’arbitrage. Pendant cette période de temps, le capital est investi sur un support monétaire d’attente.

Autre règle d’or de l’investissement sur les marchés financiers, la diversification. Source de rendement et de réduction des risques, elle était toutefois limitée avec les unités de compte, essentiellement investies sur les marchés actions.

Grâce à la loi Pacte, les horizons des unités de compte se sont considérablement élargis. Désormais, les particuliers peuvent investir, au travers de l’assurance vie, dans des fonds de private equity (capital développement), auparavant réservés aux professionnels. Un moyen de profiter de la croissance de sociétés non cotées et d’un secteur qui a affiché de forts rendements au cours de ces dernières années. Il s’intègre donc parfaitement dans une logique de diversification privilégiant le risque entrepreneurial à la volatilité des marchés financiers.

Afin de prévenir les risques systémiques induits par la prépondérance des fonds euros, les assureurs ont donc développé une nouvelle gamme de supports et de produits d’investissement en assurance vie. L’innovation s’est construite sur la base des attentes des investisseurs. Elle accorde une part croissante au sur-mesure. Ce renforcement des possibilités offertes à l’investisseur, qui peut ainsi adapter ses positions à son profil de risque et à ses horizons d’investissement, permet d’atteindre des degrés de diversification jusqu’ici inégalés dans l’assurance vie. La banque privée, au travers de ses offres de gestion sous mandat, offre un accès privilégié à ces produits pointus, parfois encore méconnus. Le choix de recourir à une société de gestion et des professionnels des marchés financiers, comme nous avons choisi de le faire avec nos partenaires Vega IM, Dorval ou DNCA, est également le garant d’une gestion réactive sur les marchés financiers, autre pratique indispensable pour saisir tout leur potentiel de rendement.

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