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L’actualité de la Bourse et du Trading – Février 2018

Newspaper headlines - finanical meltdown

Indices boursiers, évolution des cours de matières premières et des devises, analyses de marchés. Retrouvez toutes les informations qui font l’actualité de la Bourse et du trading sur ce début d’année 2018. Des données économiques et financières décryptées par Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements chez VEGA Investment Managers, qui vous livre également ses convictions et ses anticipations. Un tour d’horizon du marché indispensable pour tous les investisseurs.

 

Point Marché

Pour l’année 2018, nous anticipions que le marché serait tiraillé entre deux forces contraires. D’un côté, l’évidence que la croissance européenne engendrerait in fine des résultats au moins en ligne avec les anticipations des analystes au final, mais de l’autre un marché qui se construisait sur une croyance à laquelle nous n’adhérions pas du tout et qui serait déceptive, à savoir : une croissance pérenne et sans inflation aboutissant à des marchés peu volatiles. En conséquence, alors que nous étions surexposés sur les actifs risques et avions même renforcé notre surexposition à l’annonce du Brexit, nous étions revenus à la neutralité depuis la toute fin de 2017. Nous avions également réduit beaucoup de sources de risque au travers de ventes sur les valeurs moyennes et sur les obligations à haut rendement, et nous avions également investi sur l’or dans nos mandats afin de permettre une protection que n’offre plus l’obligataire souverain depuis plusieurs trimestres ; du fait de notre anticipation de hausse des taux, nous avions également investi sur des secteurs sur lesquels nous sommes habituellement moins présents, comme les valeurs pétrolières ou les financières.

Après la politique en 2016, et la question de la force de l’économie mondiale en 2017, nous anticipions que le marché réagirait à des signaux dorénavant plus « faibles », comme l’inflation ou une plus grande fragilité du dollar.

Nous croyons, depuis très longtemps, au message délivré par la Réserve fédérale sur le rythme et le timing de ses hausses de taux : 3 programmées cette année. Pourquoi ? La banque centrale américaine ne peut pas ne pas profiter de cette fenêtre de tir de 2018 (et se redonner des marges de manœuvre), dans l’hypothèse d’une inflexion de la croissance économique outre-Atlantique en 2019 (après un cycle très long de plus de 8 ans de hausse).

Second point, nous ne croyons pas à l’idée en vogue actuellement d’une inflation définitivement morte sous les coups de « l’ubérisation », des prix bas des matières premières. Le débat autour de l’inflation devait donc sur le devant de la scène aux Etats-Unis ! Des signaux tels la hausse des prix à la production qui était encore en territoire négatif en 2016 et avait touché les niveaux de 4% dès la fin d’année dernière, la hausse de plusieurs matières premières et pas seulement celle du pétrole, ou la faiblesse du dollar entraînant une inflation importée auraient pu être les éléments déclencheurs, mais cela aura été finalement la première publication de l’année sur la hausse des salaires à 2.9% en Janvier, qui aura mis le feu au poudre.

Quels ont été les mouvements sur l’annonce et quel est notre scénario pour les prochaines semaines ?

Notre objectif avait été en début d’année de nous donner les moyens d’intervenir rapidement en cas de retour de la volatilité et de décrochage brutal des marchés ; ce que nous avons fait dès l’ouverture, le mardi 6 février 2018, en nous positionnant essentiellement sur des valeurs allemandes afin de profiter de leur caractère cyclique que nous souhaitons continuer de privilégier à ce stade. Nous sommes intervenus rapidement, car notre interprétation a été celle d’un mouvement essentiellement technique lié au réveil brutal des investisseurs sur les marchés actions, alors que parallèlement les marchés refuges comme l’or, les taux, le yen ou le franc suisse ne faisaient pas l’objet de repositionnement de moyen terme.

Cette correction est-elle un épiphénomène et les marchés vont-ils reprendre leur marche en avant comme auparavant ? Nous ne le croyons pas. Il y a un point important sur lequel nous insistons et qui a expliqué la violence du mouvement. Beaucoup d’investisseurs avaient pris des positions très importantes vendeuses de volatilité et ont du se couper en panique face à ce mouvement, ce qui a engendré des ventes de contrats en retour. Ces positions n’ont pu être bien évidemment éclusées en un jour. Répétons le : afin de reprendre sa marche en avant de manière plus saine, le marché doit sortir de cette mythologie d’une croissance robuste et  sans inflation. Plus précisément, le sujet de l’inflation ne doit pas être éludé et doit faire au minimum l’objet de débats et non de ce consensus qui prêtait à la déception et au risque asymétrique sur les marchés.

La première partie de cet axiome pourrait à son tour faire l’objet de débats selon nous. Lorsque pratiquement tous les pays sont en croissance, et que de plus celle-ci est équilibrée entre croissance et investissement, d’où peuvent venir les déceptions ? Nous pensons tout d’abord, que dans un univers où les cycles d’expansion sont de plus en plus rapides, l’anticipation dorénavant d’une croissance en plateau, avec moins de surprises économiques favorables, deviendra le scénario central des investisseurs. Mais en nous projetant au-delà légèrement dans le temps et en se concentrant sur le marché leader des Etats-Unis, le fait par exemple que la participation au marché de l’emploi ne progresse plus face à taux de chômage déjà très bas, indique la possibilité d’un goulot d’étranglement au niveau de l’offre de travail. Ce « blocage »  ferait redescendre la croissance américaine d’une grande marche et la ferait reconverger vers sa croissance potentielle, bien en-deçà de 2%. Cette prise de conscience pourrait survenir dans un marché qui comme nous l’avons vu n’a pas encore purger les positions de beaucoup de « mains faibles » d’investisseurs.

Dans ce contexte, nous allons continuer de faire preuve de beaucoup de réactivité dans les marchés, afin de pouvoir nous donner les moyens de mettre à profit une seconde alerte comme nous l’avons fait cette semaine pour in fine tirer le meilleur parti des résultats de sociétés de la zone euro qui ne sont pas soumis fondamentalement aux soubresauts que nous venons de traverser.


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