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L’actualité de la Bourse et du Trading – Juillet 2018

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Indices boursiers, évolution des cours de matières premières et des devises, analyses de marchés. Retrouvez toutes les informations qui font l’actualité de la Bourse et du trading sur ce début d’année 2018. Des données économiques et financières décryptées par Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements chez VEGA Investment Managers, qui vous livre également ses convictions et ses anticipations. Un tour d’horizon du marché indispensable pour tous les investisseurs.

Point Marché

En ce milieu d’année, il est utile d’actualiser notre scénario 2018, présenté dans la trading news de février. L’élément central de notre analyse reste toujours valide : le marché est tiraillé entre deux forces contraires, d’un côté, l’évidence que la croissance européenne engendrera au terme de cette année des résultats au moins en ligne avec les anticipations des analystes, de l’autre, un marché réactif à des éléments plus émotionnels, tels que la fin du mythe d’une croissance pérenne sans retour possible de l’inflation.

Ceci s’est traduit dans notre gestion sous mandat par un positionnement plus prudent dès le début d’année, avec notamment une réduction de l’exposition actions, un allègement des obligations à haut rendement et des valeurs moyennes. Nous avions également initié une position sur l’or, afin d’offrir une protection possible en cas de stress de marché, rôle que ne joue plus l’obligataire souverain classique.

Nous anticipions en début d’année que dans un univers où les cycles d’expansion étaient de plus en plus rapides, l’anticipation d’un pic de croissance en fin 2017, avec moins de surprises économiques favorables, deviendrait logiquement le scénario central des investisseurs, mais que cela ne constituait pas un risque en soi. Dans notre vision au contraire, les débats, resurgissant progressivement au fil des mois, permettraient d’éviter un réel décrochage – envisageable si le marché avait dû intégrer dans le même temps un effet de ciseau comme la remontée des indices d’inflation par exemple et une croissance américaine revenant à son potentiel de long terme.

Quelles ont été, dans ce contexte, les surprises ? Et quels sont les nouveaux éléments à prendre en considération ? Tout d’abord, d’un point de vue économique, les déceptions – que nous considérons comme passagères – ont davantage concerné le marché européen que les États-Unis. Or, pour nous, il existe toujours mécaniquement une réserve de croissance sur le marché européen, du fait d’un taux de chômage qui n’est pas encore revenu à son niveau d’avant crise ; les créations d’emplois vont encore soutenir la confiance des consommateurs pendant plusieurs trimestres. Un ralentissement outre-Atlantique, alors que le chômage s’inscrit dorénavant résolument en dessous de 4 %, serait interprété avec beaucoup plus de craintes du fait d’un cycle de reprise qui dépasse déjà les 100 mois, et d’un taux d’utilisation des capacités industrielles déjà élevé, qui empêche le relais d’investissements supplémentaires en cas d’essoufflement. La bonne surprise de ce 1er semestre est donc pour nous le fait que les débats autour d’un possible ralentissement américain ne sont pas encore d’actualité, alors qu’ils auraient pu commencer à se faire jour dès cette année en anticipation de 2019.

Les points négatifs sont de deux ordres par rapport à nos anticipations de début d’année. Tout d’abord, la perception sur Donald Trump des investisseurs a changé, notamment en matière de « guerre commerciale » avec la Chine. En début d’année, les marchés étaient favorables au Président américain, comme l’a prouvé la hausse des indices actions américains de plus de 30 % depuis son élection, s’appuyant, non pas sur une progression des résultats – simplement de l’ordre de 10 % -, mais sur la foi de ses mesures fiscales. D’autre part, Donald Trump était considéré comme un « deal maker », c’est-à-dire quelqu’un qui tape fort au début de la négociation pour ensuite trouver un accord satisfaisant. Enfin, il y avait l’idée que les élections de « mid term » en novembre 2018 seraient un échec pour lui et mettraient un terme à sa possibilité d’intervention. Sur tous ces points, la perception des investisseurs a beaucoup évolué et il est notable – et rare – qu’une même information – le bras de fer entre les États-Unis et la Chine -, loin de s’user au fil des semaines comme c’est le cas de beaucoup d’éléments d’actualité, occupe, au contraire, de plus en plus le devant de la scène.
Le second élément négatif est lié à l’Europe où nous anticipions que les craintes politique et les déchirements autour de la sortie de l’euro de certains pays avaient perdu beaucoup en intensité depuis l’année dernière. D’ailleurs, après le front commun des pays européens face à l’Angleterre et au Brexit, des avancées par exemple sur l’idée d’un budget européen ont pu apparaître. Mais c’est sur le front de la politique migratoire que l’incapacité pour l’Europe d’avancer s’est affichée au grand jour, avec notamment de fortes lignes de fracture entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, ou encore entre le couple franco-allemand et des pays considérés autrefois comme des « petits » pays, mais ne voulant plus aujourd’hui voir leur politique dictée uniquement par ces deux pays.

 

Au global, le marché est donc encore tiraillé entre des données micro-économiques qui confirment leur dynamique positive et une aversion au risque associée à des décisions politiques. Même si certains de ces débats constituent des questions de long terme, il nous semble toutefois que des décisions ou déclarations sont susceptibles de modifier la perception des investisseurs en matière politique, alors que l’amélioration des bénéfices par action des sociétés constitue un élément plus pérenne. Pour être plus précis, les révisions des analystes pour les entreprises européennes confirment une progression autour de 10% pour 2018, alors qu’aux États-Unis, la hausse prévue pour l’indice large du S&P 500 atteint même le niveau de 22 % – niveau qui généralement ne se voit qu’après des années de reprise suivant une récession comme ce fut le cas par exemple en 2019, mais qui se révèle plus exceptionnelle après 9 années de hausse des bénéfices -. Certes, cette hausse intègre la réforme fiscale américaine, mais la croissance des bénéfices par action en dehors de ces éléments sera toutefois au moins égale à l’Europe, estimée aujourd’hui à 12 %. Dernier élément favorable à la dynamique des bénéfices par action : le montant record des rachats de titres par les sociétés américaines du fait notamment du vote d’une fiscalité favorable en matière de rapatriements des profils offshore.


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