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Retour sur le quatrième trimestre 2019

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En dépit de certains points de discorde dans les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, les investisseurs habitués à ces aléas, ont fait preuve d’optimisme sur le dernier trimestre de l’année, n’hésitant pas à prendre position sur les classes d’actifs risqués. Ils ont ainsi salué (1) la bonne tenue de certains indicateurs conjoncturels, (2) le contexte de politique monétaire durablement accommodant (3) l’accalmie sur le front géopolitique.

(1) Un scénario de récession finalement écarté

Aux États-Unis, la révision à la hausse du PIB de +1,9% à +2 ,1% (en rythme annualisé) sur le troisième trimestre, les indicateurs d’activité dans l’industrie et les chiffres de créations d’emploi ont confirmé la résilience de l’économie.

En zone Euro, la croissance, bien que modeste, a surpris positivement et les chiffres relatifs au secteur manufacturier ont conforté l’idée d’une activité dont la détérioration s’atténue et dont le point bas semble avoir été atteint.

Même soulagement du côté de la Chine avec le redressement inattendu des enquêtes de confiance dans l’industrie confirmées par le rebond de la production et des ventes au détail en novembre.

Dans ce contexte, les investisseurs n’ont plus redouté de risque de contagion du ralentissement industriel au secteur des services et ont finalement écarté le risque d’entrée en récession de l’économie globale.

(2) Des politiques monétaires résolument et durablement accommodantes

Déterminée à soutenir la croissance, les Banques Centrales ont conservé le biais toujours très accommodant de leur politique monétaire. La Fed a procédé à une troisième baisse de ses taux d’intérêt directeurs de 25 points de base à un niveau compris entre 1,5% et 1,75%. Jugeant désormais ce niveau approprié à la situation économique, Jérôme Powell a toutefois envisagé de faire une « pause » dans le cycle de baisses des taux.

En zone Euro, la BCE a mis en place de nouvelles mesures de soutien aux banques et C. Largarde, nouvelle présidente de l’institution, a appelé les États européens en situation d’excédent budgétaire à investir pour soutenir la croissance et les pays membres, à renforcer leurs échanges avec les pays partenaires.

Enfin, des mouvements de baisse des taux également été initiés dans plusieurs pays émergents d’Asie (Inde, Corée, Chine…).

(3) Accalmie sur le front géopolitique

Les négociations commerciales sino-américaines ont finalement abouti, mi-décembre, à la conclusion d’un accord dit « de phase 1 », marquant avant tout la volonté des deux parties de ne plus appliquer de nouveaux droits de douane. Si les États-Unis ont maintenu ceux de 25% sur environ 250 Md$ d’importations chinoises, ils ont abaissé, de moitié, la totalité des taxes instaurées depuis 2018 (soit à 7,5% contre 15% prévus initialement sur près de 120 Md$ d’importations chinoises). En échange, Pékin s’est dit prêt à acheter pour 50 Md$ de produits agricoles, à lutter contre le vol de la propriété intellectuelle et à ouvrir son secteur financier aux entreprises américaines. D. Trump a également annoncé que les deux parties se préparaient à poursuivre les négociations de la phase 2 de l’accord.

En parallèle, l’écrasante victoire de B. Johnson, aux élections législatives britanniques est venue confirmer la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne (UE) le 31 janvier, sans pour autant écarter le spectre d’un « hard Brexit » : l’accord de libre-échange avec l’UE reste à négocier.


À suivre en 2020…

Après le revirement de la politique monétaire, le feuilleton géopolitique de la guerre commerciale sino-américaine et le débat autour d’une possible récession en 2019, la question de la valorisation des résultats des entreprises devrait revenir au centre des préoccupations des stratégistes. D’autant que le marché semble s’être accoutumé aux épisodes récurrents de tensions (Brexit, crise politique italienne, etc.) La bonne résistance des indices boursiers face au risque d’une montée des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran en est un bon exemple.

S’il va sans dire que le scénario d’entrée en récession a été majoritairement écarté, le niveau de croissance économique en 2020 sera déterminant pour appréhender le rythme de progression des bénéfices dans certains secteurs.

L’autre élément décisif sera celui de l’augmentation des multiples de valorisation sur les actifs cotés, à l’image de ce qui a pu survenir au cours de ces dernières années sur le non-coté. Dans ce cadre, il convient de surveiller en premier lieu les flux des investisseurs anglo-saxons qui pourraient revenir sur le marché européen dans un contexte de résolution du Brexit et d’anticipation de baisse du dollar par les investisseurs.

À côté de ces flux externes, un autre élément pourrait intervenir à ce stade du cycle boursier : le retour des opérations de fusion-acquisitions ou de fonds davantage activistes qui ont d’ailleurs commencé à se positionner sur le marché européen. Ces opérations concerneront en priorité les secteurs à la recherche d’économies d’échelle ; des entreprises pourraient être retirées de la cote étant donné le désintérêt des investisseurs à leur égard ; d’autres qui possèdent au contraire une compétence technique recherchée pourraient être des cibles d’acquisition.

Actuellement, en zone euro, les actions se traitent autour de leur moyenne historique, soit environ 14 fois les bénéfices estimés pour 2020, mais paraissent toujours bon marché, compte tenu des taux historiquement bas. Au vu des multiples élevés du Private Equity, les investisseurs seront peut-être amenés à réallouer leurs investissements vers la Bourse…

Enfin, l’autre problématique à suivre cette année concerne les incertitudes soulevées par la récente crise sanitaire en Chine. Compte tenu de l’ampleur de la réaction des autorités chinoises, de la rapidité avec laquelle les gouvernements se sont préparés à la menace, il est permis d’espérer que cette période d’incertitudes soit cette fois, plus courte que lors de l’épidémie du SRAS de 2003. Pour autant, l’absence de visibilité sur l’issue de la crise pourrait être source de volatilité au cours des prochaines semaines. Une baisse des marchés actions pourrait également inciter les investisseurs, qui sont passés à côté de la hausse de l’an dernier, à se repositionner…

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