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Édito Juillet 2020

Stéphane Pierronnet CEAPC

Offrir un accompagnement haut de gamme, sur mesure et personnalisé aux dirigeants de PME et aux familles dont le patrimoine est constitué depuis plusieurs générations. Telle est l’ambition de la Banque Privée de la Caisse d’Épargne Aquitaine Poitou-Charentes.

Découvrez l’édito de Stéphane Pierronnet – Banquier Privée à la Caisse d’Epargne Aquitaine Poitou-Charentes

Faut-il y voir le signe d’une certaine inquiétude face à l’avenir ? Si l’objectif n’est pas de conjecturer sur l’état d’esprit des Français, les chiffres ne peuvent cependant manquer d’interpeller. Les Français épargnent, et pas seulement au cours des derniers mois, marqués par une crise sanitaire et économique inédite.

En l’espace d’une décennie, l’épargne retraite des Français a augmenté de 60 %. Malgré un horizon de temps long – la retraite donc – les épargnants plébiscitent pour leur argent des investissements sécurisés. Pas étonnant, dès lors, que le produit phare de leur épargne soit l’assurance vie et ses fonds euros. En 2019, les encours de l’assurance vie ont franchi un niveau record, pour frôler les 1.800 milliards d’euros…. placés à plus de 70 % sur des fonds euros.

L’attrait pour ces derniers soulève pourtant bien des paradoxes. À première vue, leur succès est aisément compréhensible. Les fonds euros possèdent de nombreux avantages. Positionnés sur des obligations d’État, ils présentent peu de risques. Mieux encore, ils s’accompagnent de garanties, portant sur le capital et sur un rendement minimum. De quoi séduire les épargnants en quête de sécurité pour leur avenir. Toutefois, le rendement de ces même fonds vient jeter un froid sur ce placement à priori sans défaut. Si certains ont un temps pu croire que la chute des rendements serait temporaire, il est temps d’admettre que l’exceptionnel est devenu la norme.

En 2019, le rendement moyen des fonds euros est ainsi tombé à 1,2 % avant prélèvements sociaux, poursuivant là un déclin entamé depuis plusieurs années. Depuis l’année 2013, qui affichait un taux moyen de 2,80 %, les rendements des fonds en euros ne font qu’inexorablement décliner. Mais sans pour autant que cela ne détourne l’intérêt des épargnants.

Le changement ne devrait donc pas trouver d’impulsion du côté des investisseurs. Il semble toutefois inéluctable. La prépondérance des fonds euros et l’environnement de taux bas durable constituent en effet une menace pour la santé financière des assureurs. Ils se trouvent contraints d’investir sur des placements peu, voire pas, rémunérateurs, à cause de la baisse des taux. Dans le même temps, leur bilan est plombé par le capital minimum requis pour couvrir les engagements que représentent leurs fonds euros. Résultat, la solvabilité des assureurs se retrouve aujourd’hui sous pression et c’est tout un modèle de placements et d’épargne qui est remis en cause. S’il n’est pas question de céder à la panique, les assureurs français étant tous au-dessus des ratios de solvabilité minimum requis par la règlementation, l’heure des grands changements est cependant arrivée. Pour perdurer, les fonds euros et l’assurance vie ne peuvent faire l’économie d’une transformation. Celle-ci passe par l’innovation et la création de produits qui multiplient les atouts pour séduire les investisseurs.

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