L’actualité de la Bourse et du trading – Octobre 2016

Constat sur les mois passés, perspectives financières et économiques des semaines à venir, analyses de marchés… Retrouvez toutes les informations qui font l’actualité de la Bourse.
Des données économiques et financières décryptées par Jean-Jacques FRIEDMAN, Directeur des Investissements chez VEGA Investment Managers.

 

Marché. Evolution dernier trimestre et perspectives des semaines à venir

Le décrochage des marchés à fin Juin lors de l’annonce du Brexit, et qui a porté très ponctuellement les marchés en dessous des niveaux de 4000 sur le CAC 40, avec une chute de 8% des indices, a constitué le dernier épisode d’une période de forte volatilité de ce premier semestre 2016, qui avait été due au début d’année à la chute des prix du pétrole et aux interrogations quant à la croissance chinoise.

Nous anticipions pour le second semestre  une volatilité paradoxalement nettement inférieure, car les investisseurs commençaient à s’accoutumer à ces situations inhabituelles de stress, notamment géopolitique, en mettant en place des stratégies de couverture, en conservant des liquidités, ou en adoptant des styles de gestion de valeurs de croissance moins sensibles.

L’été s’est révélé particulièrement calme en définitive, avec un marché s’inscrivant durablement sur des niveaux autour de 4400 points.

Le brexit, dernier épisode de stress en date donc, n’a pas entamé la croissance européenne certes modeste mais solide, soutenue en réalité par la baisse du chômage de 2% au niveau européen depuis deux ans.

Sur les semaines à venir, le marché surveillera essentiellement les anticipations autour des élections américaines, où une victoire d’Hillary Clinton n’est toujours pas assurée.

Dans une perspective plus longue, différentes initiatives devraient continuer de se multiplier afin de relancer des initiatives budgétaires des Etats, face à l’impasse de l’utilisation de la seule arme monétaire par les banques centrales.


Produits Structurés

Vous voulez comprendre les « structurés » ? Concentrez-vous sur la volatilité. Sur les marchés traditionnels d’actions ou de taux, vous n’avez le choix que d’acheter, vendre ou vous abstenir.

Avec la notion de volatilité, vous pouvez affiner votre stratégie et réfléchir par exemple à l’amplitude du mouvement que vous anticipez. Ainsi, par exemple vous pouvez définir que vous êtes prêts à ne pas participer à une hausse des marchés au-delà par exemple de 30 %, mais qu’en contrepartie, vous souhaitez gagner davantage si le marché reste stable ou progresse modérément, ou bien garantir votre investissement si le marché perdait par exemple jusqu’à 20 %.

L’intérêt dans une allocation d’actifs ? Deux raisons : remplacer une partie de l’exposition actions ou servir d’alternative à un rendement obligataire, avec des taux au plus bas. Mais attention, vigilance exigée : dans la construction du portefeuille, les risques ne doivent en aucun cas se cumuler !


Brexit, French Bashing, 2016 : Annus horribilis ?

Alors plus « onde de choc » que véritable « choc » le Brexit ?

L’impact négatif attendu sur l’économie britannique avec une forte chute de l’investissement privé est, à court terme contrebalancé par une intervention immédiate de la banque Centrale d’Angleterre.

A ce stade, il n’y a pas de remise en cause de la dynamique économique actuelle en zone euro.

Mais n’oublions pas qu’à ce jour, le gouvernement britannique n’a toujours pas invoqué le fameux article 50 du traité de Lisbonne*. Le premier ministre britannique, Theresa MAY, indique qu’elle devrait lancer ce processus d’ici le mois de mars 2017.

Le rôle de la gouvernance européenne d’une part et des banques centrales d’autre part scellera l’impact économique de cette décision.


Vive la France ?

Alors que le « French Bashing » est à la mode, une bonne nouvelle : Les indicateurs économiques nous montrent peut-être la lumière au bout du tunnel.

– Le coût du travail dans l’industrie passe en dessous de celui de l’Allemagne ou de l’Italie, mais reste au- dessus de l’Espagne,
– Les profits des entreprises après impôt augmentent,
– L’investissement dans les PME repart.


2016 : Annus horribilis ?

L’année 2016 est-elle, à ce stade, une si mauvaise année ? Quelques éléments d’appréciation :
– L’évolution des marchés actions est assez disparate depuis le début de l’année selon les zones(+4% pour le DowJones, +9.97% pour le FTSE 100 à fin septembre vs -8.69% pour l’Eurostoxx50 et -13.58% pour le NIKKEI),
– Le Marché des dettes souveraines est globalement en hausse,
– L’économie chinoise en pleine transformation (développement de la demande interne), le taux de croissance de son PIB est attendu en légère baisse par rapport à 2015,
– Le Prix du baril de pétrole est bas, mais il se maintient à un niveau permettant l’équilibre économique de nombreux pays producteurs (OPEP et US),
– La croissance européenne est résiliente malgré le décrochage des marchés en début d’année, le Brexit, les risques d’attentat…

Mais des échéances politiques importantes à venir, pourraient aggraver cette fin d’année 2016 : Suite du Brexit, Victoire de Donald TRUMP…

Alors 2016 : ANNUS HORRIBILIS ? Le résultat des échéances des mois à venir sera crucial…

 

* Article 50
  • Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
  • L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
  • Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.
  • Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.
  • La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
  • Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.